François Guizot

A life in the century (1787-1874)

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Guizot and his publishers

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DELPECH after MAURIN, Portrait of François Guizot, engraving, circa 1820-1830, lithograph, private collection.François Guizot (1787-1874), an orphan without a fortune and raised in poverty, lived most of his long career from his intellectual and literary work. The least we can say is that politics, which he practised between 1814 and 1848, not without intermittence, in various forms - senior civil servant, member of parliament, ambassador and minister - and right up to the top of power, did not enrich him. The second half of his life, in particular, took the form of a long, studious retirement, by temperament but also by necessity. In contrast to his early and enduring fame and the great responsibilities he exercised, the modesty of his lifestyle struck his contemporaries, who were unanimous about his selflessness. When, at the end of the Second Empire, Alfred de Falloux came up to visit him in his small flat at 4e On the first floor of rue Billault, he says: «My respect for him grows with every step I take.»

Claire HILDEBRANDT, Portrait of Henriette Guizot-de Witt, oil on canvas, 1889, Private collection. Photo François Louchet.C’est donc avec sa plume que, pour l’essentiel, l’historien et homme d’État se procurait les ressources nécessaires à sa personne et, surtout, à sa famille, associant du reste largement cette dernière à son activité d’écriture, en particulier sa fille aînée Henriette de Witt-Guizot{{1}}[[1]]Cf. François Guizot, Letters to his daughter Henriette (1836-1874), édition introduite et annotée par Laurent THEIS, Paris, Perrin, 2002. Voir l’essai biographique sur Henriette de Witt-Guizot par Catherine COSTE, en tête de l’ouvrage.[[1]]. Plus de cinquante titres composant plus de cent-cinquante volumes ont paru sous son nom, la plupart en tant qu’auteur, d’autres sous sa direction ou son autorité.

Some of these publishers appeared on the intellectual scene at the same time as Guizot, and their practices changed throughout the century, modifying the dialogue between publisher and author in a book economy undergoing radical transformation. Guizot was one of the most popular writers for two-thirds of the nineteenth century, and the number of copies he sold is likely to have been in the hundreds of thousands, although no precise figures are available.

Contract between Guizot and HachetteLes archives privées de François Guizot{{2}}[[2]]Je remercie vivement Mme Catherine Coste, présidente de l’Association François Guizot, d’avoir bien voulu mettre ces documents entièrement inédits à ma disposition.
[[2]] ont conservé trente-huit contrats conclus entre 1808 et 1872 avec douze éditeurs français différents sur les dix-sept auxquels il eut affaire, ainsi qu’une demi-douzaine de contrats pour la langue anglaise, au total donc près des deux tiers des engagements qu’il a contractés en 64 années. Ces instruments juridiques et financiers sont parfois accompagnés de la correspondance qui a précédé et suivi leur signature, principalement avec les maisons Didier, Lévy et surtout Hachette, ainsi qu’avec une traductrice en anglais. Ces échanges, qui font entrer dans le détail de la négociation, montrent que les rapports éditoriaux ne sont pas de tout repos. S’y ajoutent des relevés faisant état des réimpressions et rééditions, avec leurs tirages.

De cet ensemble ressortent certains traits pérennes. Ainsi, le terme de contrat n’est jamais utilisé. Le plus courant est celui, d’usage ancien, de « traité », plus rarement de « convention », dont le dispositif couché sur le papier est parfois nommé, au bas du document, « l’écriture », qu’approuvent auteur et éditeur, cette dernière raison sociale s’associant puis se substituant progressivement à celle de libraire. De plus, les clauses juridiques et financières de tous les accords, si elles se transforment et se précisent avec le temps, et aussi les rapports de force, portent exclusivement sur les volumes, tomes et exemplaires tirés, jamais sur ceux vendus, à une exception près du reste restée sans suite{{3}}[[3]]Il s’agit du projet de contrat avec Napoléon Chaix en 1851. Voir infra.
[[3]]. Enfin, le dispositif d’avance sur les droits d’auteur n’apparaît nulle part ici. La remise du manuscrit, partiel ou complet, ouvre seule droit à rémunération. Guizot se distingue sur ce point de ses contemporains, comme Chateaubriand ou Lamartine, qui vendent des projets d’ouvrages qu’ils n’ont pas encore écrits, engageant ainsi leur crédit et leur liberté.

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