{"id":8396,"date":"2012-10-29T17:57:46","date_gmt":"2012-10-29T15:57:46","guid":{"rendered":"https:\/\/www.guizot.com\/fr\/?page_id=8396"},"modified":"2013-09-17T16:24:15","modified_gmt":"2013-09-17T14:24:15","slug":"last-contract","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.guizot.com\/en\/history\/guizot-and-his-publishers\/last-contract\/","title":{"rendered":"7. Last contract"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><em>[Pour acc\u00e9der \u00e0 l&rsquo;article en format pdf, cliquer <a href=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Guizot-editeurs.pdf\">ici<\/a>. Pour le lire en ligne, suivre le cours des pages dans la navigation.]<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En pr\u00e9sence de ce raz-de-mar\u00e9e, le livre auquel donna lieu le dernier contrat sign\u00e9 par Guizot, le 13 avril 1872, peut para\u00eetre insignifiant. Mais il ne l\u2019\u00e9tait pas pour son auteur, qui organisa son \u00e9dition de fa\u00e7on originale. En effet il avait re\u00e7u, dat\u00e9e du 10 juin 1867, une tr\u00e8s longue lettre, et tr\u00e8s \u00e9tonnante, d\u2019Alexander Mac Millan<a href=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Alexander-Mac-Millan.jpg\" class=\"lightbox\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-full wp-image-8661\" title=\"Alexander Mac Millan Publisher\" src=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Alexander-Mac-Millan.jpg\" alt=\"Alexander Mac Millan Publisher\" width=\"115\" height=\"100\" \/><\/a>, qui avait fond\u00e9 en 1843 avec son fr\u00e8re Daniel, grand-p\u00e8re du Premier ministre Harold Mac Millan, une maison d\u2019\u00e9dition sise 16 Bedford Street, Covent Garden. Dans cette missive, Mr Mac Millan, d\u00e9sormais seul directeur de la maison, se pr\u00e9sentait personnellement longuement&#8239;: son origine et sa forte identit\u00e9 \u00e9cossaises, la pi\u00e9t\u00e9 de sa m\u00e8re, la mort de son excellent p\u00e8re quand il avait sept ans, son \u00e9ducation conforme \u00e0 la tradition de son pays, avec le respect du <em>sabbatte day<\/em>, les lectures \u00e9difiantes du dimanche, en particulier <em>The Pilgrim\u2019s Progress<\/em> de John Bunyan, sa scolarit\u00e9 \u00e0 Glasgow, ses d\u00e9buts \u00e0 Londres aupr\u00e8s de son fr\u00e8re Daniel commis d\u2019un libraire, et leur installation \u00e0 leur propre compte. Apr\u00e8s cette interminable <em>captatio benevolentiae<\/em>, il en venait \u00e0 l\u2019essentiel&#8239;: obtenir la collaboration de Guizot pour une s\u00e9rie de livres destin\u00e9s \u00e0 la lecture du dimanche, intitul\u00e9e \u00ab&#8239;Sunday Library of the Households&#8239;\u00bb, dont le rayonnement spirituel aupr\u00e8s du public serait servi par une pr\u00e9sentation attractive et les noms d\u2019\u00e9crivains distingu\u00e9s. Il citait ainsi, parmi ses recrues, Charles Kingsley, Thomas Hughes, auteur du c\u00e9l\u00e8bre <em>The Brown\u2019s School Days<\/em>, et, plus opportun\u00e9ment, Charlotte Yonge, r\u00e9v\u00e9l\u00e9e par sa nouvelle <em>The Heir of Redcliffe<\/em>, et Dinah Craik, remarqu\u00e9e pour <em>John Halifax, gentleman<\/em>, et dont l\u2019\u00e9poux George \u00e9tait l\u2019associ\u00e9 de Mac Millan. En effet ces deux romanci\u00e8res d\u2019une moralit\u00e9 insoup\u00e7onnable \u00e9taient devenues des amies d\u2019Henriette de Witt, qui avait traduit et traduirait encore certaines de leurs \u0153uvres en fran\u00e7ais, et <a href=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/courrier-20-241x300.jpg\" class=\"lightbox\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-8666\" title=\"Memorandum of agreement, Mac Millan\" src=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/courrier-20-241x300.jpg\" alt=\"Memorandum of agreement, Mac Millan\" width=\"241\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/courrier-20-241x300.jpg 241w, https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/courrier-20-823x1024.jpg 823w\" sizes=\"auto, (max-width: 241px) 100vw, 241px\" \/><\/a>elles \u00e9taient re\u00e7ues r\u00e9guli\u00e8rement chez les Guizot, y compris au Val-Richer. D\u00e8s le lendemain, Frances Martin, collaboratrice \u00e9ditoriale de Mac Millan, prenait le relais, proposant \u00e0 Guizot d\u2019\u00e9crire les vies de Saint Louis, saint Dominique et saint Fran\u00e7ois. Les deux derniers ne pouvaient gu\u00e8re convenir \u00e0 Guizot, et l\u2019on se mit d\u2019accord sur Saint Louis et Calvin, Duplessis-Mornay et saint Vincent de Paul, deux catholiques et deux protestants. Un <em>Memorandum of Agreement<\/em> fut sign\u00e9 le 1er octobre 1868, selon lequel Mac Millan payerait 350&#8239;\u00a3 pour chacun des deux volumes contenant le premier les vies de Saint Louis et Calvin, le second celles de Duplessis-Mornay et saint Vincent de Paul, \u00e0 la remise de chacun des deux manuscrits \u00e9crits en fran\u00e7ais. <a href=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/couv-saint-Louis-Calvin-195x300.jpg\" class=\"lightbox\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-medium wp-image-8667\" title=\"Couverture de l'ouvrage \" src=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/couv-saint-Louis-Calvin-195x300.jpg\" alt=\"Couverture de l'ouvrage \" width=\"195\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/couv-saint-Louis-Calvin-195x300.jpg 195w, https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/couv-saint-Louis-Calvin-666x1024.jpg 666w, https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/couv-saint-Louis-Calvin.jpg 1228w\" sizes=\"auto, (max-width: 195px) 100vw, 195px\" \/><\/a>L\u2019auteur s\u2019engageait \u00e0 ne pas en publier l\u2019\u00e9dition fran\u00e7aise moins de deux ans apr\u00e8s la parution en anglais. Au moment de la conclusion du contrat, la r\u00e9daction du premier tome \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 bien avanc\u00e9e, de sorte que la fin du manuscrit du premier volume parvint en janvier 1869 entre les mains de Mrs Frances Martin, charg\u00e9e de la traduction que Guizot v\u00e9rifiait \u00e0 mesure, puis sur \u00e9preuves. Leur collaboration intensive, qui prit la forme d\u2019une correspondance assidue, permit de publier \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e <em>Great Christians of France. <\/em><em>Saint Louis &amp; Calvin<\/em>, by M. Guizot. Lequel renvoya <em>sine die <\/em>la r\u00e9alisation du second volume.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au printemps de 1872, les deux ann\u00e9es d\u2019exclusivit\u00e9 anglaise \u00e9tant consomm\u00e9es, Guizot demanda \u00e0 Templier si Hachette \u00e9tait int\u00e9ress\u00e9 par une \u00e9dition fran\u00e7aise. L\u2019offre fut aussit\u00f4t accept\u00e9e, et un contrat sign\u00e9 le 13 avril par Guizot et Georges Hachette, portant sur <em>Les Vies de quatre grands chr\u00e9tiens fran\u00e7ais<\/em>, en deux volumes, chacun r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 un franc par exemplaire pour le format in-8\u00b0 vendu 7 francs 50, tir\u00e9 pour commencer \u00e0 1&#8239;500, et cinquante centimes pour le format in-18\u00b0 J\u00e9sus, vendu 3 francs 50 et devant faire l\u2019objet d\u2019une \u00e9dition ult\u00e9rieure \u00e0 4&#8239;000 exemplaires. L\u2019\u00e9diteur se r\u00e9servait la facult\u00e9 de publier s\u00e9par\u00e9ment chaque biographie, avec un premier tirage \u00e0 au moins 5&#8239;000 exemplaires pay\u00e9s 15 centimes chacun. Guizot signalait qu\u2019une traduction du premier volume avait d\u00e9j\u00e0 paru en anglais, et qu\u2019il se r\u00e9servait d\u2019en publier la suite dans la m\u00eame langue, avant la publication en fran\u00e7ais et \u00e0 son profit exclusif. Enfin, le manuscrit du premier volume devait \u00eatre remis le 1<sup>er<\/sup> juillet, preuve que Guizot voulait modifier et adapter son texte pour le public fran\u00e7ais. L\u2019\u00e9dition in-8\u00b0 de 376 pages, avec une courte pr\u00e9face, parut au d\u00e9but de 1873. Il ne semble pas qu\u2019il s\u2019en soit fait d\u2019autre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Contrat-estes-lauriat-p1-150x150.jpg\" class=\"lightbox\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-thumbnail wp-image-8675\" title=\"Contrat-estes-lauriat-p1\" src=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Contrat-estes-lauriat-p1-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" \/><\/a><a href=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Contrat-estes-lauriat-p2-150x150.jpg\" class=\"lightbox\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-thumbnail wp-image-8676\" title=\"Contrat-estes-lauriat-p2\" src=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Contrat-estes-lauriat-p2-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" \/><\/a>Ainsi prenaient fin, avec la vie m\u00eame de Guizot, ses activit\u00e9s d\u2019auteur. Les \u00e9diteurs croyaient \u00e0 son \u00e9ternit\u00e9, puisque le 25 avril 1874, moins de cinq mois avant sa mort, la maison bostonienne Estes &amp; Lauriat, ayant entendu dire qu\u2019il pr\u00e9parait une \u00ab&#8239;Histoire universelle&#8239;\u00bb &#8211; pas moins -, se portait encore candidate \u00e0 son \u00e9dition anglaise. Ce projet n\u2019existait que dans l\u2019esprit de ces messieurs, mais t\u00e9moignait du rayonnement d\u2019un des auteurs les plus r\u00e9put\u00e9s du si\u00e8cle. Du trait\u00e9 de 1808 avec Maradan jusqu\u2019au contrat de 1872 avec Hachette, tout un monde avait pivot\u00e9 autour d\u2019un Guizot intellectuellement insubmersible. De la copie pay\u00e9e au forfait jusqu\u2019\u00e0 la r\u00e9mun\u00e9ration \u00e0 l\u2019exemplaire assise sur le tirage, du paiement en pi\u00e8ces d\u2019or au ch\u00e8que tir\u00e9 sur une banque de Londres, de l\u2019apparition de la passe et de la publicit\u00e9 \u00e0 la r\u00e9partition du produit des droits \u00e9trangers, de l\u2019\u00e9dition \u00e0 haut prix jusqu\u2019au livre \u00e0 tr\u00e8s bon march\u00e9 et \u00e0 la vente en livraisons, du travail alimentaire \u00e0 l\u2019\u0153uvre magistrale \u00e2prement n\u00e9goci\u00e9e, de la boutique du libraire Bri\u00e8re \u00e0 l\u2019entreprise Hachette comptant pr\u00e8s de 400 employ\u00e9s et dix millions de capital, Guizot, en soixante-quatre ans, avait vu se d\u00e9velopper et se transformer le m\u00e9tier d\u2019\u00e9diteur, y contribuant \u00e0 sa mani\u00e8re \u00e0 la fois par ses exigences mat\u00e9rielles, par son intelligence de l\u2019activit\u00e9 \u00e9ditoriale et par l\u2019immensit\u00e9 comme la qualit\u00e9 de ses \u00e9crits. De l\u2019\u00e9dition, il v\u00e9cut comme il la fit vivre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"right\">Laurent THEIS<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[Pour acc\u00e9der \u00e0 l&rsquo;article en format pdf, cliquer ici. Pour le lire en ligne, suivre le cours des pages dans la navigation.] En pr\u00e9sence de ce raz-de-mar\u00e9e, le livre auquel donna lieu le dernier contrat sign\u00e9 par Guizot, le 13 avril 1872, peut para\u00eetre insignifiant. 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