{"id":8391,"date":"2012-10-29T17:55:12","date_gmt":"2012-10-29T15:55:12","guid":{"rendered":"https:\/\/www.guizot.com\/fr\/?page_id=8391"},"modified":"2013-09-17T16:07:44","modified_gmt":"2013-09-17T14:07:44","slug":"hachette-and-the-grandfather-historians-thesis","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.guizot.com\/en\/history\/guizot-and-his-publishers\/hachette-and-the-grandfather-historians-thesis\/","title":{"rendered":"6. Hachette and the apotheosis of the historian grandfather"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><em>[Pour acc\u00e9der \u00e0 l&rsquo;article en format pdf, cliquer <a href=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Guizot-editeurs.pdf\">ici<\/a>. Pour le lire en ligne, suivre le cours des pages dans la navigation.]<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le dossier relatif aux rapports entre la librairie Hachette et Fran\u00e7ois Guizot est exceptionnellement fourni, et m\u00e9riterait \u00e0 soi seul publication, non pas tant pour les six contrats d\u2019\u00e9dition qui y figurent que pour la correspondance abondante qui les accompagne &#8211; encore qu\u2019elle n\u2019\u00e9mane que de l\u2019\u00e9diteur &#8211; , ainsi que pour de pr\u00e9cieux relev\u00e9s de comptes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Louis_Hachette_1-199x300.jpg\" class=\"lightbox\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-8615\" title=\"Louis Hachette\" alt=\"Louis Hachette\" src=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Louis_Hachette_1-199x300.jpg\" width=\"199\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Louis_Hachette_1-199x300.jpg 199w, https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Louis_Hachette_1.jpg 210w\" sizes=\"auto, (max-width: 199px) 100vw, 199px\" \/><\/a>Lorsqu\u2019au printemps de 1852 le quinquag\u00e9naire Louis Hachette vient pr\u00e9senter \u00e0 Guizot un projet qu\u2019il d\u00e9clare original, il est loin d\u2019\u00eatre un inconnu pour lui. Vingt ans plus t\u00f4t, il \u00e9tait devenu l\u2019un des principaux \u00e9diteurs des manuels que le ministre de l\u2019Instruction publique Guizot faisait r\u00e9aliser pour sa grande entreprise de d\u00e9veloppement de l\u2019ensei-gnement primaire en France. Mais c\u2019est la premi\u00e8re fois qu\u2019il va conclure en son nom propre. La maison Hachette, dont le si\u00e8ge est alors install\u00e9 14 rue Pierre-Sarrazin avant de s\u2019\u00e9tendre au 77 boulevard Saint-Germain six ans plus tard, a obtenu des compagnies de chemin de fer, moyennant une redevance de 30%, de vendre dans les gares de petits volumes formant une \u00ab&#8239;Biblioth\u00e8que des Chemins de fer&#8239;\u00bb. Soucieux de diversifier son offre, Hachette propose \u00e0 Guizot, qui l\u2019accepte, de \u00ab&#8239;fournir quelques volumes r\u00e9dig\u00e9s, sinon par vous, du moins sous votre direction et avec l\u2019indication de votre concours sur le titre.{{1}}[[1]]Lettre sign\u00e9e Louis Hachette du 7 juillet 1852.[[1]]&#8239;\u00bb Ces ouvrages porteraient sur l\u2019histoire d\u2019Angleterre et des \u00c9tats-Unis. L\u2019auteur a le choix entre deux modes de r\u00e9mun\u00e9ration&#8239;: soit, selon une formule traditionnelle, un forfait de 150 francs par feuille d\u2019impression, repr\u00e9sentant 32 pages du format in-18\u00b0 retenu pour la Biblioth\u00e8que&#8239;; soit trois centimes par feuille pour chaque volume payables \u00e0 la publication, 100 francs par feuille \u00e9tant vers\u00e9s \u00e0 la remise du manuscrit, \u00ab&#8239;qui seraient imput\u00e9s sur le produit du droit d\u2019auteur jusqu\u2019\u00e0 due concurrence&#8239;\u00bb, donc une sorte d\u2019\u00e0-valoir, assis comme toujours, il est vrai, non pas sur les ventes constat\u00e9es mais sur les tirage r\u00e9alis\u00e9s. Un mois de n\u00e9gociation fut n\u00e9cessaire pour parvenir \u00e0 un accord, car Guizot, en demandant un droit plus \u00e9lev\u00e9, d\u00e9fendait autant que les siens les int\u00e9r\u00eats des auteurs qu\u2019il devait recruter et faire travailler, et aussi r\u00e9mun\u00e9rer. Hachette excipait, de son c\u00f4t\u00e9, du faible prix auquel il voulait vendre des ouvrages destin\u00e9s au grand public, de la redevance aux compagnies de chemin de fer et du fait que Guizot n\u2019\u00e9tait pas personnellement l\u2019auteur, &#8211; \u00ab&#8239;et l\u2019on peut, sans toucher au m\u00e9rite des collaborateurs dont vous avez fait le choix, \u00eatre moins assur\u00e9 du succ\u00e8s de leurs \u0153uvres que du succ\u00e8s des v\u00f4tres{{2}}[[2]]Idem du 23 juillet 1852.[[2]]&#8239;\u00bb -. Et il prit la pose de la dignit\u00e9 offens\u00e9e face \u00e0 la m\u00e9fiance dont Guizot parut faire preuve \u00e0 son \u00e9gard&#8239;: \u00ab&#8239;Vous nous parlez de quelques arrangements \u00e0 prendre pour constater le nombre des \u00e9ditions et des exemplaires tir\u00e9s. Il n\u2019est pas un des nombreux auteurs avec lesquels nous sommes en relation qui ne se repose de ce soin sur notre loyaut\u00e9.{{3}}[[3]]<em>Ibidem<\/em>.[[3]]&#8239;\u00bb Enfin, on convint le 30 ao\u00fbt 1852 des dispositions suivantes&#8239;: \u00ab&#8239;M. Guizot se charge de faire r\u00e9diger \u00e0 ses frais et sous sa direction et de revoir douze volumes&#8239;\u00bb dont les titres suivent, huit relatifs \u00e0 l\u2019histoire d\u2019Angleterre, quatre \u00e0 celle des \u00c9tats-Unis, principalement des biographies. Les volumes ne pourront pas d\u00e9passer six \u00e0 huit feuilles d\u2019impression, soit 192 \u00e0 256 pages. \u00ab&#8239;Le titre de chaque ouvrage pourra porter ou ne pas porter le nom&#8239;\u00bb de son auteur, mais y figurera obligatoirement la mention \u00ab&#8239;<em>revu par M. Guizot<\/em>&#8239;\u00bb. C\u2019\u00e9tait donc bien le nom de ce dernier que l\u2019\u00e9diteur achetait. Il lui en co\u00fbte pour finir cinq centimes par feuille d\u2019impression pour chaque exemplaire tir\u00e9, soit de 30 \u00e0 40 centimes, avec un \u00ab&#8239;\u00e0 valoir&#8239;\u00bb, les mots y sont d\u00e9sormais, de 100 francs par feuille \u00e0 la remise du manuscrit. Chaque ouvrage sera tir\u00e9 \u00e0 3&#8239;000 exemplaires au moins, ce qui repr\u00e9sente en moyenne un droit d\u2019auteur de 1&#8239;000 \u00e0 1&#8239;200 francs environ. En outre, il sera tir\u00e9 une double main de passe \u00ab&#8239;en sus de chaque rame&#8239;\u00bb, ce qui pr\u00e9serve les int\u00e9r\u00eats de l\u2019auteur puisque le tirage fix\u00e9 lui est garanti, pour \u00ab&#8239;couvrir les d\u00e9fectuosit\u00e9s du tirage, les exemplaires distribu\u00e9s gratis et les treizi\u00e8mes qu\u2019il est d\u2019usage de donner dans le commerce de la librairie.&#8239;\u00bb Enfin Guizot fait bien pr\u00e9ciser que les \u00e9diteurs le \u00ab&#8239;pr\u00e9viendront par lettre des \u00e9ditions qui pourront \u00eatre faites et des nombres auxquels elles devront \u00eatre tir\u00e9es.&#8239;\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On comprend mieux les termes de la n\u00e9gociation et du contrat quand on sait que Guizot n\u2019\u00e9tait pas \u00e0 son coup d\u2019essai. En effet, au tout d\u00e9but de 1851, un projet de trait\u00e9 avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9 entre lui et Napol\u00e9on Chaix, imprimeur depuis 1845 au 20 rue Berg\u00e8re, \u00e9diteur heureux, depuis 1849, de l\u2019<em>Indicateur des chemins de fer<\/em> et de guides pour les voyageurs, et donc d\u00e9j\u00e0 bien install\u00e9 dans les gares<a href=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Atelier-Chaix-300x217.jpg\" class=\"lightbox\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-medium wp-image-8617\" title=\"Vue de l'atelier principal de l'imprimerie centrale des chemins de fer\" alt=\"Vue de l'atelier principal de l'imprimerie centrale des chemins de fer\" src=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Atelier-Chaix-300x217.jpg\" width=\"300\" height=\"217\" srcset=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Atelier-Chaix-300x217.jpg 300w, https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Atelier-Chaix.jpg 936w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>. Il avait con\u00e7u le projet d\u2019une Biblioth\u00e8que universelle qui, selon son prospectus, \u00ab&#8239;par les conditions p\u00e9cuniaires les plus avantageuses mettrait \u00e0 la port\u00e9e de tous, et pourrait r\u00e9pandre dans les classes les plus modestes de la soci\u00e9t\u00e9 les lumi\u00e8res de la Religion, les le\u00e7ons des Moralistes, les chefs d\u2019\u0153uvre de la litt\u00e9rature et les enseignements de la Science&#8239;\u00bb. Guizot acceptait \u00ab&#8239;la direction philosophique et litt\u00e9raire de cette vaste entreprise.&#8239;\u00bb La Biblioth\u00e8que universelle, qui compterait au moins 500 volumes de format in-8\u00b0 et d\u2019environ 500 pages, r\u00e9partis en s\u00e9ries de 100 volumes vendus 1,80 franc au plus, para\u00eetrait sous le nom de M. Guizot. Ce dernier choisirait les titres, r\u00e9digerait ou ferait r\u00e9diger soit des traductions ou des ouvrages complets, soit des pr\u00e9faces, notices et analyses. Il percevrait cinq centimes par volume sur le prix des ventes et apr\u00e8s encaissement, et non pas sur les tirages, ce qui \u00e9tait une nouveaut\u00e9. Il formerait un comit\u00e9 de r\u00e9daction de sept membres charg\u00e9s de mener \u00e0 bien sous sa direction les publications retenues. Chaque r\u00e9dacteur toucherait cinq centimes par volume vendu auquel il aurait apport\u00e9 son concours, et un jeton de pr\u00e9sence de 10 francs pour des r\u00e9unions se tenant tous les quinze jours. Le trait\u00e9 \u00e9tait conclu pour dix ans, Guizot s\u2019engageant \u00e0 fournir chaque ann\u00e9e cent volumes, de sorte que la Biblioth\u00e8que serait constitu\u00e9e en cinq ans. Chaix escomptait au moins 6&#8239;450 souscripteurs par s\u00e9rie pour toute la France, soit une vente annuelle de 645&#8239;000 volumes, ce qui produirait 32&#8239;250 francs pour le directeur de la Biblioth\u00e8que. Le projet fut pouss\u00e9 assez loin puisque Guizot \u00e9tablit des listes d\u2019ouvrages destin\u00e9s \u00e0 alimenter la Biblioth\u00e8que, et aligna des noms de collaborateurs possibles, toujours les m\u00eames, ceux de ses amis V. de Broglie, Vitet, Barante, Lenormant, Dumon, aussi les abb\u00e9s Gerbet ou Gratry. <em><a href=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/logo-bibli-chemin-fer-300x205.jpg\" class=\"lightbox\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-8619\" title=\"Logo de la biblioth\u00e8que des chemins de fer\" alt=\"Logo de la biblioth\u00e8que des chemins de fer\" src=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/logo-bibli-chemin-fer-300x205.jpg\" width=\"300\" height=\"205\" srcset=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/logo-bibli-chemin-fer-300x205.jpg 300w, https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/logo-bibli-chemin-fer.jpg 500w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/em>On ignore pourquoi et comment Hachette se substitua \u00e0 Chaix, mais dans la haine dont celui-ci, jusqu\u2019\u00e0 sa mort en 1865, poursuivit celui-l\u00e0, cette affaire entre sans doute pour quelque chose. Napol\u00e9on Chaix dut se sentir d\u00e9poss\u00e9d\u00e9 d\u2019une id\u00e9e qu\u2019il avait con\u00e7ue le premier. Quant \u00e0 Guizot, il est probable que passer de cent \u00e0 douze volumes annuels, proportionnellement mieux r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s, offrait un retour au principe de r\u00e9alit\u00e9. Comment f\u00fbt-il parvenu \u00e0 diriger, avec la rigueur qu\u2019on lui conna\u00eet, l\u2019\u00e9norme chantier envisag\u00e9 par Chaix&#8239;? Ce dernier lan\u00e7a bien, sous son seul nom, une <em>Biblioth\u00e8que universelle des familles<\/em>, mais sans pouvoir se hausser au niveau de la <em>Biblioth\u00e8que des chemins de fer<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le contrat sign\u00e9 avec Hachette serait d\u2019autant plus avantageux pour Guizot qu\u2019il recruterait des auteurs \u00e0 sa main et \u00e0 faible co\u00fbt. De fait, il chargea son fils Guillaume de traiter d\u2019Alfred le Grand, et sa fille Henriette de Guillaume le Conqu\u00e9rant et d&rsquo;\u00c9douard III. Paul Lorain, r\u00e9p\u00e9titeur de son fils Fran\u00e7ois \u00e0 la fin de la Restauration puis son proche collaborateur au minist\u00e8re de l\u2019Instruction publique et tr\u00e8s li\u00e9 \u00e0 Louis Hachette dont il avait \u00e9t\u00e9 condisciple \u00e0 l\u2019\u00c9cole normale, fut lui aussi enr\u00f4l\u00e9 et s\u2019en remit \u00e0 Guizot des conditions qui lui seraient faites&#8239;: \u00ab&#8239;Pour moi, et j\u2019oserai dire pour mon gendre, sans lui en avoir parl\u00e9, comme vous ne pouvez manquer \u00e0 la fois par votre esprit de justice, et par votre pr\u00e9cieuse amiti\u00e9 pour tous deux, d\u2019obtenir une r\u00e9mun\u00e9ration honn\u00eate de notre travail, je ne puis que vous prier de faire ce que vous avez toujours fait, de stipuler pour moi mieux que moi.{{4}}[[4]]Lettre du 12 juillet 1852.[[4]]&#8239;\u00bb Le gendre, c\u2019est Camille Rousset, professeur d\u2019histoire de Guillaume Guizot \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1840, et devenu un ami de la famille. Lui s\u2019occupe de la Grande Charte, son beau-p\u00e8re de l\u2019origine et de la fondation des \u00c9tats-Unis. Il est vraisemblable que le directeur de collection, qui effectue consciencieusement son travail de r\u00e9vision, reversait la moiti\u00e9 de sa r\u00e9mun\u00e9ration \u00e0 ses auteurs, dont le nom figurait bien sur la page de titre, \u00e0 l\u2019exception de celui d\u2019Henriette de Witt. Craignant peut-\u00eatre que l\u2019historien impose ses conceptions acad\u00e9miques de l\u2019histoire, l\u2019\u00e9diteur insiste sur la n\u00e9cessaire accessibilit\u00e9 des livres dont il prend la charge&#8239;: \u00ab&#8239;Notre collection est destin\u00e9e \u00e0 un public tout sp\u00e9cial, \u00e0 des voyageurs qui prendront nos livres non pour \u00e9tudier, mais pour abr\u00e9ger le temps de leur route.{{5}}[[5]]Lettre sign\u00e9e Louis Hachette du 1<sup>er<\/sup> ao\u00fbt 1852.[[5]]&#8239;\u00bb Combien cette s\u00e9rie \u00ab&#8239;Histoire et voyages&#8239;\u00bb de la Biblioth\u00e8que des chemins de fer rapporta-t-elle \u00e0 Guizot&#8239;? <em>\u00c9douard III et les bourgeois de Calais<\/em>, par exemple, fit l\u2019objet de cinq \u00e9ditions du vivant de Guizot, et de trois autres encore jusqu\u2019en 1887.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En mars 1855, la <em>Revue des deux mondes<\/em> fit para\u00eetre une \u00e9tude historique de Guizot intitul\u00e9e \u00ab&#8239;L\u2019amour dans le mariage&#8239;\u00bb. Un contrat fut aussit\u00f4t conclu avec Hachette pour une \u00e9dition en petit format, et encore \u00ab&#8239;en jetant les blancs n\u00e9cessaires pour porter le volume \u00e0 quatre feuilles.&#8239;\u00bb De fait l\u2019imprimeur Charles Lahure, dont l\u2019atelier se trouvait 9 rue de Fleurus, en fit un volume in-18\u00b0 de 92 pages<a href=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Imprimerie-Charles-Lahure-300x205.jpg\" class=\"lightbox\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-8628\" title=\"Gustave DORE. General printing works of Charles Lahure, view of the machines' gallery printing the magazine 'L'Annee Illustree'. Engraving. Musee de la Ville de Paris, Musee Carnavalet, Paris, France. \u00a9 Bridgeman Education.\" alt=\"Gustave DORE. General printing works of Charles Lahure, view of the machines' gallery printing the magazine 'L'Annee Illustree'. Engraving. Musee de la Ville de Paris, Musee Carnavalet, Paris, France. \u00a9 Bridgeman Education.\" src=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Imprimerie-Charles-Lahure-300x205.jpg\" width=\"300\" height=\"205\" srcset=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Imprimerie-Charles-Lahure-300x205.jpg 300w, https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Imprimerie-Charles-Lahure.jpg 512w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>. L\u2019auteur percevait 15 centimes par exemplaire tir\u00e9, la premi\u00e8re \u00e9dition \u00e9tant fix\u00e9e \u00e0 5&#8239;000 exemplaires, soit 750 francs payables \u00e0 la mise en vente. La clause relative \u00e0 la passe mentionne pour la premi\u00e8re fois \u00ab&#8239;les exemplaires employ\u00e9s \u00e0 la publicit\u00e9&#8239;\u00bb, autrement dit le service de presse. Si la cession est consentie sans aucune limite de temps, les droits pour la langue anglaise sont naturellement r\u00e9serv\u00e9s. La vente d\u00e9marra \u00e0 un rythme soutenu. Aussi, \u00e9diteur actif et entreprenant, Hachette, \u00e0 la suite de la premi\u00e8re r\u00e9impression, proposa \u00e0 l\u2019auteur, \u00ab&#8239;pour prolonger le succ\u00e8s de ce petit livre et r\u00e9pondre aux exigences du public qui r\u00e9clame de toutes mani\u00e8res des publications \u00e0 bon march\u00e9, de r\u00e9duire le prix de l\u2019exemplaire \u00e0 50 centimes&#8239;\u00bb, ce qui diminuerait les droits d\u2019auteur des deux tiers, soit cinq centimes. Mais le prochain tirage serait port\u00e9 \u00e0 10&#8239;000 exemplaires au lieu de 3&#8239;000, et \u00ab&#8239;cet accroissement de la vente vous indemniserait certainement de la r\u00e9duction de votre droit.{{6}}[[6]]Lettre sign\u00e9e Louis Hachette du 21 septembre 1855.[[6]]&#8239;\u00bb Abaisser le prix du livre favorise-t-il la vente \u00e0 due proportion&#8239;? Le d\u00e9bat, encore aujourd\u2019hui, n\u2019est pas clos. Guizot en tout cas n\u2019en \u00e9tait pas persuad\u00e9, qui fit une contre-proposition&#8239;: r\u00e9duire le prix de 1 franc 50 \u00e0 75 centimes, lui-m\u00eame recevant d\u00e8s lors 10 centimes par exemplaire. Hachette repoussa cette \u00ab&#8239;demi-mesure&#8239;\u00bb, car son intention \u00e9tait de \u00ab&#8239;faire concurrence&#8239;\u00bb aux publications \u00e0 50 centimes qui se d\u00e9veloppaient{{7}}[[7]]Idem du 25 septembre 1855.[[7]]. En cons\u00e9quence, la troisi\u00e8me \u00e9dition sera tir\u00e9e \u00e0 3&#8239;000 exemplaires dans les m\u00eames conditions que les pr\u00e9c\u00e9dentes. Guizot n\u2019avait sans doute pas tort, car dix \u00e9ditions se succ\u00e9d\u00e8rent jusqu\u2019en 1873, pour un total de 32&#8239;000 exemplaires g\u00e9n\u00e9rant 4&#8239;800 francs de droits d\u2019auteur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est un contrat plus classique qui vint, comme le pr\u00e9c\u00e9dent, donner le 31 juillet 1862 la forme d\u2019un livre \u00e0 un travail en cours de publication dans la <em>Revue des deux mondes<\/em>, \u00ab&#8239;Un projet de mariage royal&#8239;\u00bb. Cet ouvrage d\u2019au moins 300 pages, en fait 360, \u00ab&#8239;imprim\u00e9 dans le caract\u00e8re de <em>l\u2019amour dans le mariage<\/em>&#8239;\u00bb dont il est en quelque sorte la suite, fera partie de la \u00ab&#8239;Biblioth\u00e8que vari\u00e9e&#8239;\u00bb \u00e0 3 francs 50 le volume in-18\u00b0 J\u00e9sus{{8}}[[8]]La feuille d\u2019impression de format J\u00e9sus fournit en \u00e9dition in-18\u00b0 seize feuillets donc trente-six pages mesurant 18,5 cm x 11,5 cm.[[8]], o\u00f9 figurent aussi bien Edmond About que Byron, Lamartine, Victor Hugo, Sainte-Beuve, Taine et autres c\u00e9l\u00e9brit\u00e9s. Le droit d\u2019auteur, pour cette cession elle aussi sans limite de temps, s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 50 centimes par exemplaire, soit environ 14%, le premier tirage \u00e9tant fix\u00e9 \u00e0 6&#8239;000 exemplaires. Les droits de la langue anglaise sont r\u00e9serv\u00e9s \u00e0 l\u2019auteur et, clause jusque l\u00e0 inhabituelle, le produit des autres droits \u00e9trangers est partag\u00e9 entre l\u2019auteur et l\u2019\u00e9diteur. L\u2019article 6 est lui aussi nouveau, et l\u00e9onin&#8239;: \u00ab&#8239;Dans le cas o\u00f9 MM. L. Hachette et Cie refuseraient dans les trois mois qui suivront l\u2019\u00e9puisement d\u2019une \u00e9dition de proc\u00e9der \u00e0 l\u2019impression d\u2019une \u00e9dition nouvelle, M. Guizot en reprendrait la libre disposition.&#8239;\u00bb Il est vrai que ni le placement d\u2019office des ouvrages chez les libraires, qui se fournissaient \u00e0 compte ferme, ni la capacit\u00e9 pour ces derniers de les retourner \u00e0 l\u2019\u00e9diteur n\u2019existaient alors, de sorte que l\u2019\u00e9puisement d\u2019un titre \u00e9tait plus ais\u00e9 \u00e0 constater. <a href=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Emile-Templier-277x300.jpg\" class=\"lightbox\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-medium wp-image-8699\" title=\"\u00c9mile Templier, d'apr\u00e8s un dessin de Gaston-Charles Vuillier.\" alt=\"\u00c9mile Templier, d'apr\u00e8s un dessin de Gaston-Charles Vuillier.\" src=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Emile-Templier-277x300.jpg\" width=\"277\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Emile-Templier-277x300.jpg 277w, https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Emile-Templier.jpg 905w\" sizes=\"auto, (max-width: 277px) 100vw, 277px\" \/><\/a>Ce fut le dernier contrat portant les signatures de Guizot et de Louis Hachette, dont la sant\u00e9 \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 atteinte et qui mourut exactement deux ans plus tard, \u00e0 64 ans. Depuis assez longtemps d\u00e9j\u00e0, \u00c9mile Templier, n\u00e9 en 1821, son gendre depuis 1849 et d\u00e8s lors un de ses deux associ\u00e9s-g\u00e9rants, \u00e9tait en relation avec Guizot et, \u00e0 partir de 1855, les lettres sign\u00e9es de son beau-p\u00e8re et adress\u00e9es \u00e0 Guizot sont pour la plupart de sa main. Ce dernier appr\u00e9ciait cet homme \u00ab&#8239;intelligent, bien \u00e9lev\u00e9 et empress\u00e9{{9}}[[9]]Lettre de Guizot \u00e0 sa fille Henriette du 27 octobre 1869. Cf. Fran\u00e7ois Guizot, <em>Lettres \u00e0 sa fille Henriette (1836-1874)<\/em>, <em>op. cit.<\/em>, p. 959.[[9]]&#8239;\u00bb. Il \u00e9tait de la m\u00eame g\u00e9n\u00e9ration que Michel L\u00e9vy, le plus actif concurrent d\u2019Hachette et d\u00e9sormais de Templier, et Guizot, qui les estimait \u00e9galement, tenait la balance \u00e9gale entre eux, au point qu\u2019il lui arriva de les recevoir tous les deux le m\u00eame jour, l\u2019un le matin l\u2019autre le soir. Chacun d\u2019eux eut le soin et l\u2019intelligence de ne pas se poser en rivaux devant leur auteur commun. Aussi Michel L\u00e9vy ne chercha-t-il point \u00e0 d\u00e9tourner \u00e0 son profit la confiance que Guizot pla\u00e7ait en Templier lorsqu\u2019il contracta avec lui pour sa derni\u00e8re et tr\u00e8s grosse op\u00e9ration \u00e9ditoriale. \u00ab&#8239;J\u2019ai vu hier Michel L\u00e9vy, annonce Guizot le 31 octobre 1869, et je lui ai dit que j\u2019avais conclu avec Hachette. Il s\u2019y attendait (\u2026) Nous resterons en bons termes.&#8239;{{10}}[[10]]Fran\u00e7ois Guizot, <em>Lettres \u00e0 sa fille Henriette (1836-1874)<\/em>, <em>op. cit.<\/em>, p. 961.[[10]]&#8239;\u00bb Et il le lui confirma par lettre.{{11}}[[11]]Lettre du 11 novembre 1869&#8239;: \u00ab&#8239;Je regrette que nous n\u2019ayons pu nous entendre sur mon <em>Histoire de France racont\u00e9e \u00e0 mes petits-enfants. <\/em>Je saisirai volontiers, quand elles se pr\u00e9senteront, les occasions de vous t\u00e9moigner mon d\u00e9sir de conserver avec vous les bonnes relations d\u2019affaires que nous avons eues.&#8239;\u00bb[[11]] De son c\u00f4t\u00e9, L\u00e9vy lui rendait la politesse&#8239;: \u00ab&#8239;Vous ne pouvez remettre en de meilleures mains le soin de vos int\u00e9r\u00eats.{{12}}[[12]]Lettre du 1<sup>er<\/sup> novembre 1869. Par compensation, Guizot offrit \u00e0 L\u00e9vy de regrouper en volumes diff\u00e9rents \u00e9crits parus s\u00e9par\u00e9ment. Ce dernier d\u00e9clina&#8239;: \u00ab&#8239;Cette publication concurrente pr\u00eaterait \u00e0 des comparaison f\u00e2cheuses pour moi commercialement parlant. Vous comprendrez donc, cher Monsieur Guizot, qu\u2019il me sera bien difficile de rien publier de vous pendant tout le temps que MM. Hachette publieront votre <em>Histoire de France<\/em>. \u00bb[[12]]\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Charlemagne-150x150.jpg\" class=\"lightbox\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-thumbnail wp-image-8649\" title=\"Alphonse de NEUVILLE, Charlemagne.\" alt=\"Alphonse de NEUVILLE, Charlemagne.\" src=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Charlemagne-150x150.jpg\" width=\"150\" height=\"150\" \/><\/a>De fait, le 30 juillet, Guizot avait \u00e9crit \u00e0 \u00c9mile Templier pour savoir si la librairie Hachette, dont ce dernier est \u00ab&#8239;l\u2019un des deux associ\u00e9s les plus anciens auxquels est r\u00e9serv\u00e9e la signature sociale des trait\u00e9s avec les auteurs&#8239;\u00bb se chargerait de publier d\u2019une part une Histoire d\u2019Angleterre racont\u00e9e par M. Guizot \u00e0 ses petits-enfants et r\u00e9dig\u00e9e par sa fille Mme de Witt, en trois volumes de 500 pages environ, et d\u2019autre part une Histoire de France racont\u00e9e par M. Guizot \u00e0 ses petits-enfants. Templier, aussit\u00f4t, marqua son int\u00e9r\u00eat. Mais, pour ne n\u00e9gliger aucune issue possible, et aussi par bonne mani\u00e8re, Guizot s\u2019adressa \u00e9galement \u00e0 Michel L\u00e9vy&#8239;: \u00ab&#8239;Je me propose de r\u00e9diger moi-m\u00eame l\u2019<em>Histoire de France<\/em> (\u2026) J\u2019ai gard\u00e9 mes notes. Ce sera de 4 \u00e0 6 volumes in-8\u00b0.{{13}}[[13]]Lettre du 10 ao\u00fbt 1869.[[13]]&#8239;\u00bb En fait, le premier projet passa rapidement au second plan et cette histoire d\u2019Angleterre ne parut chez Hachette, en deux volumes, qu\u2019en 1877-1878, apr\u00e8s la mort de Guizot qui ne prit aucune part \u00e0 sa r\u00e9daction. C\u2019est donc l\u2019Histoire de France qui, apr\u00e8s des n\u00e9gociations apparemment faciles car Michel L\u00e9vy h\u00e9sitait \u00e0 s\u2019engager, ne voulant pas d\u00e9passer quatre volumes, donna lieu \u00e0 un trait\u00e9 sign\u00e9 le 30 octobre 1869. Entre-temps, la conception \u00e9ditoriale de cette publication s\u2019\u00e9tait affin\u00e9e et enrichie. <a href=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Histoire-France-Guizot-189x300.jpg\" class=\"lightbox\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-8647 alignright\" title=\"L'histoire de France depuis les temps les plus recul\u00e9s jusqu'en 1789 racont\u00e9e \u00e0 mes petits-enfants\" alt=\"L'histoire de France depuis les temps les plus recul\u00e9s jusqu'en 1789 racont\u00e9e \u00e0 mes petits-enfants\" src=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Histoire-France-Guizot-189x300.jpg\" width=\"189\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Histoire-France-Guizot-189x300.jpg 189w, https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Histoire-France-Guizot-647x1024.jpg 647w, https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Histoire-France-Guizot.jpg 1624w\" sizes=\"auto, (max-width: 189px) 100vw, 189px\" \/><\/a>Guizot c\u00e9dait \u00e0 Hachette, \u00ab&#8239;pour tout le temps que durera sa propri\u00e9t\u00e9 litt\u00e9raire et celle de ses h\u00e9ritiers ou repr\u00e9sentants, soit d\u2019apr\u00e8s la l\u00e9gislation actuelle, soit d\u2019apr\u00e8s la l\u00e9gislation future&#8239;\u00bb &#8211; une formulation nouvelle tenant compte de l\u2019\u00e9volution du droit qui figure dans les contrats conclus par la suite &#8211; l\u2019exclusivit\u00e9 \u00e9ditoriale d\u2019une <em>Histoire de France, depuis les temps les plus recul\u00e9s jusqu\u2019au 24 f\u00e9vrier 1848 racont\u00e9e \u00e0 mes petits-enfants<\/em>, comprenant deux parties, l\u2019une allant des origines \u00e0 1789, en trois volumes, l\u2019autre de 1789 \u00e0 1848, en un volume. La formule d\u2019une publication par livraisons, comportant des illustrations, \u00e9tait retenue, r\u00e9mun\u00e9r\u00e9e cinq centimes par exemplaire, avec un premier tirage minimum \u00e0 5&#8239;000. Si les deux parties convenaient d\u2019une \u00e9dition en volumes, l\u2019auteur percevrait un franc pour le format in-8\u00b0 et 50 centimes pour le format in-18\u00b0 J\u00e9sus. Les droits de la langue anglaise sont r\u00e9serv\u00e9s \u00e0 l\u2019auteur, et les autres sont partag\u00e9s avec l\u2019\u00e9diteur, qui, dans tous les cas, peut vendre \u00e0 son seul profit les clich\u00e9s des gravures. Si l\u2019\u00e9diteur ne r\u00e9imprime pas dans les trois mois suivant l\u2019\u00e9puisement d\u2019une \u00e9dition, l\u2019auteur reprend ses droits mais les clich\u00e9s restent acquis \u00e0 l\u2019\u00e9diteur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Alphonse-Marie-Adolphe_de_Neuville-212x300.jpg\" class=\"lightbox\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-8687\" title=\"Alphonse Marie-Adolphe de Neuville\" alt=\"Alphonse Marie-Adolphe de Neuville\" src=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Alphonse-Marie-Adolphe_de_Neuville-212x300.jpg\" width=\"212\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Alphonse-Marie-Adolphe_de_Neuville-212x300.jpg 212w, https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Alphonse-Marie-Adolphe_de_Neuville.jpg 220w\" sizes=\"auto, (max-width: 212px) 100vw, 212px\" \/><\/a>C\u2019est dans ces conditions que fut lanc\u00e9e cette entreprise exceptionnelle. Sans doute Guizot pensait-il depuis longtemps \u00e0 cet ouvrage, qu\u2019il avait fait inscrire dans le contrat sign\u00e9 avec Gosselin en 1838. Mais aujourd\u2019hui il a 82 ans, et m\u00eame si sa vigueur d\u2019esprit est intacte, le grand \u00e2ge est l\u00e0. Sans doute les le\u00e7ons qu\u2019il prodigue en effet depuis plusieurs ann\u00e9es au Val-Richer \u00e0 ses petits-enfants ont-elles \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9es par lui et consign\u00e9es par sa fille Henriette, mais leur mise en forme pour un large public repr\u00e9sente un exercice tout diff\u00e9rent. \u00c9mile Templier, pourtant, n\u2019h\u00e9sita pas \u00e0 prendre le risque d\u2019un r\u00e9cit inachev\u00e9<a href=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Alphonse-de-Neuville-Simon-de-Montfort1-207x300.jpg\" class=\"lightbox\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-9283 alignright\" title=\"Alphonse de NEUVILLE - The Death of Simon de Montfort at the siege of Toulouse - 25 June 1218.\" alt=\"Alphonse de NEUVILLE - The Death of Simon de Montfort at the siege of Toulouse - 25 June 1218.\" src=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Alphonse-de-Neuville-Simon-de-Montfort1-207x300.jpg\" width=\"207\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Alphonse-de-Neuville-Simon-de-Montfort1-207x300.jpg 207w, https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Alphonse-de-Neuville-Simon-de-Montfort1.jpg 442w\" sizes=\"auto, (max-width: 207px) 100vw, 207px\" \/><\/a>, et, quatre ans durant, la main du grand homme ne trembla pas, avant que, dans les derniers mois, sa fille r\u00e9dige sous sa dict\u00e9e. Douze jours apr\u00e8s la signature du contrat, Templier recevait les 114 premi\u00e8res pages du manuscrit. Inaugurant un processus appel\u00e9 \u00e0 se r\u00e9p\u00e9ter des dizaines de fois, ce texte fut transmis au dessinateur Alphonse de Neuville, qui ex\u00e9cutait les bois, grands et petits, destin\u00e9s \u00e0 illustrer chaque chapitre. Guizot l\u2019alimente en documents, ajuste parfois son texte \u00e0 l\u2019illustration \u00e0 laquelle il accorde une extr\u00eame attention, \u00e0 commencer par les l\u00e9gendes. Alphonse de Neuville le rassure&#8239;: \u00ab&#8239;Mon Simon de Montfort sera tu\u00e9 d\u2019apr\u00e8s toutes les r\u00e8gles de l\u2019art des si\u00e8ges au Moyen \u00c2ge, par un mangonneau exact, sur un cheval capara\u00e7onn\u00e9 \u00e0 ses armes telles que les donne son sceau.{{14}}[[14]]Lettre d\u2019A. de Neuville du 18 juin 1871.[[14]]&#8239;\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/journal-des-jeunes-personnes-205x300.jpg\" class=\"lightbox\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-8635 alignleft\" title=\"Journal des jeunes personnes\" alt=\"Journal des jeunes personnes\" src=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/journal-des-jeunes-personnes-205x300.jpg\" width=\"205\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/journal-des-jeunes-personnes-205x300.jpg 205w, https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/journal-des-jeunes-personnes.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 205px) 100vw, 205px\" \/><\/a>La premi\u00e8re des livraisons hebdomadaires, comptant chacune 16 pages in-4\u00b0 o\u00f9 les illustrations occupaient l\u2019\u00e9quivalent de deux pages, eut lieu le 15 avril 1870, tir\u00e9e \u00e0 15&#8239;000 exemplaires \u00e0 la suite d\u2019une campagne de prospection et de publicit\u00e9, qui fut renouvel\u00e9e, avec davantage d\u2019ampleur, pour le lancement des trois volumes suivants. Les trois premi\u00e8res livraisons furent ainsi adress\u00e9es \u00e0 62 journaux, de <em>l\u2019Avenir national<\/em> \u00e0 <em>l\u2019Union bretonne<\/em>, en passant par le <em>Journal des jeunes personnes<\/em>{{15}}[[15]]Dans un compte rendu paru en juin 1870 dans <em>Le Correspondant<\/em>, le critique Pierre-Paul Douhaire regrettait que les illustrations contiennent trop de nudit\u00e9s. A. de Neuville r\u00e9pondit que \u00ab&#8239;les Barbares s\u2019habillaient peu, mais que nous arrivions \u00e0 la p\u00e9riode o\u00f9 les <span style=\"text-decoration: underline;\">nus<\/span> allaient dispara\u00eetre.&#8239;\u00bb Lettre de Templier \u00e0 Guizot du 15 juin 1870.[[15]]. Un prospectus r\u00e9dig\u00e9 par Guizot fut envoy\u00e9 dans les lyc\u00e9es et les pensions, une page de publicit\u00e9 achet\u00e9e dans <em>La mode illustr\u00e9e<\/em>, qui tire \u00e0 83&#8239;000 exemplaires. Bien des incidents se mirent \u00e0 la traverse d\u2019une production dont la r\u00e9gularit\u00e9 \u00e9tait un facteur essentiel de succ\u00e8s\u00a0: accident de voiture et indispositions de l\u2019illustrateur, gr\u00e8ves des ouvriers chez l\u2019imprimeur Simon Ra\u00e7on qui, \u00e0 d\u2019autres p\u00e9riodes, est d\u00e9bord\u00e9, d\u00e9lai de s\u00e9chage des feuilles imprim\u00e9es en d\u00e9pit des souffleries nouvellement install\u00e9es\u2026 et surtout la guerre avec la Prusse, puis la Commune, de sorte que la publication fut interrompue avec la 16<sup>e<\/sup> livraison \u00e0 la fin ao\u00fbt 1870, pour ne reprendre qu\u2019\u00e0 la mi-juin 1871. L\u2019auteur, lui, poursuivait sa r\u00e9daction sans lassitude apparente, livrant son texte avec une r\u00e9gularit\u00e9 d\u2019horloge, au grand soulagement de Templier. Le premier tome reli\u00e9, en format in-4\u00b0, r\u00e9unissant les 37 premi\u00e8res livraisons, soit environ 800 feuillets manuscrits, put ainsi \u00eatre mis en vente en novembre 1871, \u00e0 temps pour les achats de fin d\u2019ann\u00e9e dont l\u2019\u00e9diteur se promettait beaucoup, car l\u2019ouvrage \u00e9tait un cadeau id\u00e9al pour petits et grands. Quelques semaines plus tard paraissait en livre l\u2019\u00e9tude biographique que Guizot avait consacr\u00e9e \u00e0 son vieil et cher ami Victor de Broglie, mort en janvier 1870, et publi\u00e9e en septembre-octobre 1871 dans la <em>Revue des deux mondes<\/em>. Templier avait aussit\u00f4t fait savoir son d\u00e9sir de l\u2019\u00e9diter, non sans \u00ab&#8239;faire remarquer que la vente de ce volume sera n\u00e9cessairement fort restreinte.{{16}}[[16]]Lettre de Templier du 22 septembre 1871.[[16]]&#8239;\u00bb Aussi le contrat sign\u00e9 le 6 octobre fixait-il \u00e0 50 centimes par exemplaire le droit d\u2019auteur, alors que <em>le Duc de Broglie<\/em>, publi\u00e9 dans la \u00ab&#8239;Biblioth\u00e8que vari\u00e9e&#8239;\u00bb, comptait 300 pages. Il fut tir\u00e9 \u00e0 1\u00a0500 exemplaires, mais, suivant une technique en plein d\u00e9veloppement, des clich\u00e9s de la composition furent pris pour une r\u00e9impression rapide en cas de succ\u00e8s. Guizot souhaitait l\u2019insertion d\u2019une photographie de son ami en t\u00eate d\u2019ouvrage, mais \u00ab&#8239;cela nous co\u00fbterait de 75 centimes \u00e0 1 franc par volume, le prix de la notice serait augment\u00e9 d\u2019autant, ce qui en compromettrait la vente{{17}}[[17]] Idem, le 6 octobre 1871[[17]]&#8239;\u00bb, et Guizot dut se faire une raison.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La premi\u00e8re livraison du tome II fut mise en vente dans la troisi\u00e8me semaine de f\u00e9vrier 1872. Bient\u00f4t, Templier exprimait une crainte qui alla croissant tout au long de l\u2019ann\u00e9e, m\u00eame si elle \u00e9tait en partie feinte pour stimuler l\u2019auteur, celle de manquer de copie&#8239;: \u00ab&#8239;Nous n\u2019avons plus que six livraisons d\u2019avance, c\u2019est-\u00e0-dire de quoi para\u00eetre pendant six semaines\u00a0; et c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment le temps qui nous est n\u00e9cessaire pour pr\u00e9parer l\u2019illustration d\u2019une livraison. Si vous ne pouviez pas nous remettre tr\u00e8s prochainement de la copie, il est bien \u00e0 craindre que notre publication en soit interrompue. Rien ne serait plus f\u00e2cheux.{{18}}[[18]]Idem, le 11 mars 1872.[[18]]&#8239;\u00bb Et encore&#8239;: \u00ab&#8239;Si notre tome II n\u2019est pas compl\u00e8tement imprim\u00e9 le 15 novembre et pr\u00eat \u00e0 \u00eatre mis \u00e0 la reliure, nous perdrons la moiti\u00e9 de la vente du jour de l\u2019an. Or, pour qu\u2019il soit illustr\u00e9 et imprim\u00e9 \u00e0 cette \u00e9poque, il est indispensable que nous en ayons toute la copie au commencement d\u2019octobre.&#8239;{{19}}[[19]]Idem, le 5 septembre 1872.[[19]]&#8239;\u00bb Pour maintenir le flux, Guizot devait ainsi envoyer chaque semaine de 30 \u00e0 40 feuillets, qu\u2019il r\u00e9digeait de sa main et faisait mettre au propre par une copiste afin d\u2019uniformiser le calibrage, sans compter la lecture des \u00e9preuves dans des d\u00e9lais tr\u00e8s resserr\u00e9s. Le d\u00e9fi fut relev\u00e9, puisque le deuxi\u00e8me tome parut dans les tout derniers jours de novembre, regroupant l\u00e0 encore trente-sept livraisons, avec un premier tirage \u00e0 3&#8239;000 exemplaires comme le pr\u00e9c\u00e9dent. Mais le r\u00e9cit n\u2019avait pas d\u00e9pass\u00e9 la mort de Louis XII, et il fallut constater que le troisi\u00e8me et dernier volume pr\u00e9vu ne suffirait pas pour aller jusqu\u2019en 1789. L\u2019\u00e9diteur fit part de son embarras&#8239;: \u00ab&#8239;Nous avons annonc\u00e9 \u00e0 nos souscripteurs un ouvrage qui se composerait d\u2019environ 100 livraisons, co\u00fbterait 50 francs et serait publi\u00e9 dans un d\u00e9lai de deux ans&#8239;; il nous faut maintenant les pr\u00e9venir que ce m\u00eame ouvrage formera environ 140 livraisons, co\u00fbtera 70 francs et ne sera pas achev\u00e9 avant deux ans.{{20}}[[20]]Idem, le 24 octobre 1872.[[20]]&#8239;\u00bb Templier \u00e9tait encore loin du compte, puisqu\u2019un cinqui\u00e8me tome s\u2019av\u00e9rera n\u00e9cessaire, mais il n\u2019eut pas \u00e0 s\u2019en plaindre, car le public demeura jusqu\u2019au bout fid\u00e8le \u00e0 cette Histoire de France. Les trente-huit livraisons hebdomadaires du tome III commenc\u00e8rent le 21 mai 1873. <a href=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/133-tableau-Hachette-300x193.jpg\" class=\"lightbox\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-8638 alignleft\" title=\"Tableau Hachette\" alt=\"Tableau Hachette\" src=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/133-tableau-Hachette-300x193.jpg\" width=\"300\" height=\"193\" srcset=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/133-tableau-Hachette-300x193.jpg 300w, https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/133-tableau-Hachette-1024x659.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Pour fixer le calendrier du travail de l\u2019ann\u00e9e, Templier fit r\u00e9aliser un extraordinaire tableau o\u00f9 figurent le n\u00b0 de la livraison et celui de la feuille d\u2019impression, l\u2019\u00e9poque de la remise de la copie &#8211; tous les cinq jours jusqu\u2019au 10 octobre &#8211; et celle de la mise en vente, de fa\u00e7on que le volume reli\u00e9 soit disponible le 20 novembre. Guizot s\u2019organisait en cons\u00e9quence&#8239;: \u00ab&#8239;Je ferai certainement Fran\u00e7ois II dans les dix derniers jours de juin &#8211; Charles IX en trois ou quatre semaines de juillet &#8211; Henri III du 29 juillet au 15 ou 20 ao\u00fbt. Il me restera pour Henri IV sept ou huit semaines jusqu\u2019au 15 octobre. Ce sera l\u00e0 mon coup de collier.{{21}}[[21]]Lettre du 18 juin 1873. Cf. Fran\u00e7ois Guizot, <em>Lettres \u00e0 sa fille Henriette (1836-1874)<\/em>, <em>op. cit.<\/em>, p. 1021.[[21]]&#8239;\u00bb Rappelons qu\u2019il \u00e9tait dans sa 85<sup>e<\/sup> ann\u00e9e. Il remplit son programme \u00e0 quelques jours pr\u00e8s, puisqu\u2019il exp\u00e9dia son dernier envoi le 9 novembre, et le tome III put \u00eatre mis en vente \u00e0 la mi-d\u00e9cembre. Il s\u2019attela au quatri\u00e8me volume sans d\u00e9semparer, dont la parution en livraisons reprit fin juillet 1874, tir\u00e9es chaque fois \u00e0 15&#8239;000 exemplaires. En d\u00e9pit de la mort de sa fille Pauline en f\u00e9vrier, qui l\u2019\u00e9branla profond\u00e9ment, il travaillait au Val-Richer sans rel\u00e2che, envoyant entre juin et juillet la copie de six des treize chapitres composant le tome IV. Mais d\u00e9sormais il dictait \u00e0 Henriette, car l\u2019\u00e9criture de sa main tremblante devenait illisible. Le 28 ao\u00fbt, Templier lui \u00e9crivait&#8239;: \u00ab&#8239;Nous voici en bonne voie pour l\u2019ach\u00e8vement de notre tome IV&#8239;\u00bb, et exprimait des v\u0153ux pour l\u2019am\u00e9lioration de sa sant\u00e9. Quelques jours plus tard, pris de faiblesse, Guizot s\u2019alita, et mourut le 12 septembre. Le dernier chapitre du tome IV, dont il n\u2019est pas certain qu\u2019il ait eu le temps de le dicter, \u00e9tait consacr\u00e9 \u00e0 la mort de Louis XIV. Ce fut Henriette qui se chargea du cinqui\u00e8me tome, \u00ab&#8239;r\u00e9dig\u00e9 sur le plan et d\u2019apr\u00e8s les notes de M. Guizot&#8239;\u00bb\u00a0, dont la premi\u00e8re livraison eut lieu en mars 1875, et qu\u2019elle compl\u00e9ta par deux volumes allant de 1789 \u00e0 1848, publi\u00e9s en 1878-1879.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Durant les cinq ann\u00e9es de cet immense chantier, l\u2019\u00e9diteur avait accompagn\u00e9 son auteur pas \u00e0 pas, tour \u00e0 tour accommodant ou ferme, pressant ou rassurant, attentif aux \u00e9l\u00e9ments techniques de fabrication comme \u00e0 l\u2019action commerciale, lui rendant compte de tout, toujours courtois et parfois \u00e9mu, bref le pla\u00e7ant dans les meilleures conditions de travail. \u00c0 cet \u00e9gard, les dizaines de lettres, parfois tr\u00e8s circonstanci\u00e9es, envoy\u00e9es par \u00c9mile Templier et quelquefois, en son absence, par Jean Georges Hachette, le plus jeune fils de Louis et devenu \u00e0 26 ans associ\u00e9 de la librairie peu avant la mort de son p\u00e8re, offrent un t\u00e9moignage exceptionnel. <a href=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/169-4-pj168-Templier-300x222.jpg\" class=\"lightbox\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-medium wp-image-8641\" title=\"Tableau r\u00e9capitulatif des ventes des 3 premiers tomes de L'Histoire de France\" alt=\"Tableau r\u00e9capitulatif des ventes des 3 premiers tomes de L'Histoire de France\" src=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/169-4-pj168-Templier-300x222.jpg\" width=\"300\" height=\"222\" srcset=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/169-4-pj168-Templier-300x222.jpg 300w, https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/169-4-pj168-Templier-1024x760.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Aussi le succ\u00e8s de l\u2019entreprise fut-il consid\u00e9rable, non seulement en France mais dans le monde{{22}}[[22]]Une \u00e9dition s\u2019en trouvait dans la biblioth\u00e8que personnelle de Viacheslav Molotov, l\u2019homme lige de Staline, mort en 1986. Cf. Rachel Polonsky, <em>La lanterne magique de Molotov. Voyage \u00e0 travers l\u2019histoire de la Russie<\/em>, Paris, Deno\u00ebl, 2012.[[22]]. Un tableau r\u00e9capitulatif des ventes des 109 livraisons composant les trois premiers tomes, \u00e9tabli en juillet 1874, montre qu\u2019elles s\u2019\u00e9taient vendues chacune \u00e0 cette date entre 19&#8239;000 et 25&#8239;000 exemplaires, atteignant le total \u00e9norme de 2&#8239;239&#8239;000, soit 111&#8239;950 francs pay\u00e9s \u00e0 l\u2019auteur, sans compter les droits provenant des tomes reli\u00e9s, qui furent plusieurs fois r\u00e9\u00e9dit\u00e9s. S\u2019y ajoute le produit des traductions, \u00e0 commencer par la langue anglaise, dont l\u2019\u00e9diteur londonien Sampson Low, install\u00e9 au 188 Fleet Street, avait acquis les droits pour 100&#8239;\u00a3 par volume{{23}}[[23]]<em>The History of France from the earliest times to the year 1789, by M. Guizot<\/em>, translated by Robert Black. S. Low, Marston, Low &amp; Searle. Les cinq volumes parurent entre 1872 et 1883. Cette \u00e9dition fut diffus\u00e9e aux \u00c9tats-Unis par la maison Estes &amp; Lauriat, 143 Washington Street, Boston.[[23]].<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a title=\"7. Dernier contrat\" href=\"https:\/\/www.guizot.com\/histoire\/guizot-et-ses-editeurs\/dernier-contrat\/\">[Lire la suite]<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[Pour acc\u00e9der \u00e0 l&rsquo;article en format pdf, cliquer ici. Pour le lire en ligne, suivre le cours des pages dans la navigation.] Le dossier relatif aux rapports entre la librairie Hachette et Fran\u00e7ois Guizot est exceptionnellement fourni, et m\u00e9riterait \u00e0 soi seul publication, non pas tant pour les six contrats d\u2019\u00e9dition qui y figurent que [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":8357,"menu_order":6,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","_seopress_robots_follow":"","_seopress_robots_imageindex":"","_seopress_robots_snippet":"","_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_robots_breadcrumbs":"","_seopress_robots_freeze_modified_date":"","_seopress_robots_custom_modified_date":"","_seopress_robots_canonical":"","_seopress_social_fb_title":"","_seopress_social_fb_desc":"","_seopress_social_fb_img":"","_seopress_social_fb_img_attachment_id":0,"_seopress_social_fb_img_width":0,"_seopress_social_fb_img_height":0,"_seopress_social_twitter_title":"","_seopress_social_twitter_desc":"","_seopress_social_twitter_img":"","_seopress_social_twitter_img_attachment_id":0,"_seopress_social_twitter_img_width":0,"_seopress_social_twitter_img_height":0,"_seopress_redirections_value":"","_seopress_redirections_enabled":"","_seopress_redirections_enabled_regex":"","_seopress_redirections_logged_status":"","_seopress_redirections_param":"","_seopress_redirections_type":0,"_seopress_analysis_target_kw":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"footnotes":""},"class_list":["post-8391","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.guizot.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/8391","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.guizot.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.guizot.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.guizot.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.guizot.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8391"}],"version-history":[{"count":69,"href":"https:\/\/www.guizot.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/8391\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9475,"href":"https:\/\/www.guizot.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/8391\/revisions\/9475"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.guizot.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/8357"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.guizot.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8391"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}