{"id":8388,"date":"2012-10-29T17:53:14","date_gmt":"2012-10-29T15:53:14","guid":{"rendered":"https:\/\/www.guizot.com\/fr\/?page_id=8388"},"modified":"2013-09-17T15:43:54","modified_gmt":"2013-09-17T13:43:54","slug":"michel-levy-enters-the-fray","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.guizot.com\/en\/history\/guizot-and-his-publishers\/michel-levy-enters-the-fray\/","title":{"rendered":"5. Michel L\u00e9vy enters the fray"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><em>[Pour acc\u00e9der \u00e0 l&rsquo;article en format pdf, cliquer <a href=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Guizot-editeurs.pdf\">ici<\/a>. Pour le lire en ligne, suivre le cours des pages dans la navigation.]<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"> Michel L\u00e9vy avait trente-et-un ans lorsqu\u2019en 1852 il installa 2 bis rue Vivienne la librairie cr\u00e9\u00e9e par son p\u00e8re Simon en 1836 et devenue une maison d\u2019\u00e9dition en vue. Le dossier que je pr\u00e9sente et commente ici comporte dix contrats sign\u00e9s avec Guizot. La correspondance de Guizot, et les archives des \u00e9ditions Calmann-L\u00e9vy, montrent que Michel L\u00e9vy, depuis au moins 1855 et sans doute plus t\u00f4t, avait nou\u00e9 avec lui, et avec sa famille, des relations qui se resserr\u00e8rent au fil du temps{{1}}[[1]]\u00c0 partir de l\u2019\u00e9t\u00e9 1867, M. L\u00e9vy s\u2019adresse au \u00ab&#8239;cher Monsieur Guizot&#8239;\u00bb, et non plus \u00ab&#8239;Monsieur&#8239;\u00bb seul, lui exprime ses \u00ab&#8239;sentiments les plus affectueux et les plus d\u00e9vou\u00e9s&#8239;\u00bb, et se rappelle \u00ab&#8239;au bon souvenir des habitants du Val-Richer&#8239;\u00bb.[[1]], bien plus \u00e9troitement qu\u2019avec Didier. <a href=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Memoires-Histoire-Temps-173x300.jpg\" class=\"lightbox\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-8575\" title=\"Memoires pour servir l'histoire de mon temps. Tome premier.\" src=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Memoires-Histoire-Temps-173x300.jpg\" alt=\"Memoires pour servir l'histoire de mon temps. Tome premier.\" width=\"173\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Memoires-Histoire-Temps-173x300.jpg 173w, https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Memoires-Histoire-Temps-593x1024.jpg 593w, https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Memoires-Histoire-Temps.jpg 1443w\" sizes=\"auto, (max-width: 173px) 100vw, 173px\" \/><\/a>A ce dernier, de tradition litt\u00e9raire et historique, Guizot n\u2019avait jamais song\u00e9 \u00e0 confier l\u2019\u00e9dition de ses \u0153uvres politiques, et c\u2019est pourquoi il est surprenant qu\u2019il n\u2019ait pas pris la peine, et que Didier ne lui ait pas demand\u00e9, d\u2019annuler plus t\u00f4t l\u2019article 2 du contrat de 1850. En effet, c\u2019est \u00e0 ce chantier que, d\u00e8s 1854, Guizot \u00e9tait d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 s\u2019atteler, renvoyant <em>sine die<\/em> la r\u00e9daction de la quatri\u00e8me partie de l\u2019<em>Histoire de la r\u00e9volution d\u2019Angleterre<\/em>. Un premier contrat, portant sur un volume relatif aux origines et aux effets de la libert\u00e9 religieuse dans l\u2019Europe chr\u00e9tienne, fut sign\u00e9 le 21 mars 1857 avec \u00ab&#8239;Messieurs Michel L\u00e9vy, fr\u00e8res&#8239;\u00bb, car Michel repr\u00e9sentait aussi son fr\u00e8re a\u00een\u00e9 Calmann, plus en retrait, mais resta sans suite. Le gros morceau fut conclu trois jours plus tard, sous la forme d\u2019une convention au dispositif tr\u00e8s simple, mais au contenu tr\u00e8s substantiel. Guizot c\u00e9dait pour douze ans \u00e0 compter de la mise en vente du dernier volume la propri\u00e9t\u00e9 de ses <em>M\u00e9moires pour servir \u00e0 l\u2019histoire de mon temps<\/em>, enti\u00e8rement in\u00e9dits, portant sur la p\u00e9riode 1814-1848, en au moins quatre volumes, le manuscrit de chacun d\u2019eux \u00e9tant remis \u00e0 partir de 1858 \u00ab&#8239;afin que l\u2019ouvrage soit termin\u00e9 en 1862 au plus tard&#8239;\u00bb, donc au moins un par an. Le prix forfaitaire \u00e9tait fix\u00e9 \u00e0 20&#8239;000 francs par volume pour les trois premiers, \u00e0 12&#8239;000 pour le quatri\u00e8me, et de m\u00eame pour un cinqui\u00e8me \u00ab&#8239;si l\u2019ouvrage comportait trop de mati\u00e8re pour entrer en quatre volumes&#8239;\u00bb. La moiti\u00e9 de la somme due serait pay\u00e9e en num\u00e9raire \u00e0 la remise du manuscrit, et le solde en deux billets \u00e0 \u00e9ch\u00e9ance de trois et six mois apr\u00e8s la remise du bon \u00e0 tirer de la derni\u00e8re feuille du volume concern\u00e9. Les droits de la langue anglaise \u00e9taient r\u00e9serv\u00e9s \u00e0 l\u2019auteur. Sans compter les 1&#8239;200 \u00a3, soit pr\u00e8s de 25&#8239;000 francs, sur lesquelles s\u2019\u00e9tait engag\u00e9 Richard Bentley par contrats des 1<sup>er<\/sup> mai 1857 et 8 mai 1860{{2}}[[2]]<em>Memoirs to illustrate the history of my time<\/em>. Traduction de John William Cole.[[2]], c\u2019\u00e9tait au moins 72&#8239;000 francs, un montant pour lui sans pr\u00e9c\u00e9dent, que Guizot pouvait escompter de ce travail d\u2019Hercule, qu\u2019\u00e0 70 ans il entamait ainsi d\u2019un c\u0153ur l\u00e9ger.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et le vieil athl\u00e8te releva le d\u00e9fi puisqu\u2019en 1862 cinq volumes avaient successivement paru. Et pourtant il n\u2019\u00e9tait parvenu qu\u2019au d\u00e9but de 1840. Trois volumes s\u2019av\u00e9raient encore n\u00e9cessaires. Si un nouveau contrat fut sign\u00e9 alors avec Michel L\u00e9vy, il ne figure pas dans le dossier. Mais \u00e0 supposer que ces trois derniers volumes aient \u00e9t\u00e9 r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s comme les quatri\u00e8me et cinqui\u00e8me, c\u2019est 120&#8239;000 francs que Guizot aurait retir\u00e9s au total de cette grande entreprise. Un pause s\u2019imposait. Par contrat du 21 mars 1861, Guizot vendait \u00e0 L\u00e9vy, sous le titre ambitieux et excessif d\u2019<em>Histoire parlementaire de France<\/em>, le droit d\u2019\u00e9diter ses Discours aux chambres, en quatre volumes formant compl\u00e9ment des M\u00e9moires. Guizot s\u2019engageait \u00e0 fournir des textes de liaison qui \u00ab&#8239;donnent pour ainsi dire le fil de l\u2019histoire du r\u00e9gime parlementaire pendant le gouvernement du roi Louis-Philippe&#8239;\u00bb. Sera plac\u00e9e en t\u00eate une introduction in\u00e9dite d\u2019entre cent et deux cents pages, intitul\u00e9e &#8211; mais le contrat ne le pr\u00e9cise pas &#8211; \u00ab&#8239;Trois g\u00e9n\u00e9rations, 1789, 1814, 1848&#8239;\u00bb{{3}}[[3]]Cette introduction donna lieu en 1863 chez M. L\u00e9vy \u00e0 une \u00e9dition \u00e0 part en format in-18\u00b0 en m\u00eame temps que paraissaient les trois premiers volumes in-8\u00b0 des Discours.[[3]]. La somme convenue est de 4&#8239;000 francs par volume, payable dans les m\u00eames conditions que les M\u00e9moires. Clause nouvelle d\u2019int\u00e9ressement, une \u00ab&#8239;prime&#8239;\u00bb de 1&#8239;000 francs par volume sera vers\u00e9e d\u00e8s que la vente &#8211; et non pas le tirage &#8211; d\u00e9passera 3&#8239;000 exemplaires. Il est pr\u00e9cis\u00e9 que si un ou plusieurs volumes suppl\u00e9mentaires s\u2019av\u00e9raient n\u00e9cessaires, ils ne seraient pas r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s. L\u2019\u00e9diteur \u00e9conomisa ainsi 4&#8239;000 francs au moins, car il fallut en effet un cinqui\u00e8me volume, l\u2019ensemble paraissant en 1863-1864. La publication des M\u00e9moires pouvait reprendre, et s\u2019acheva en 1867. En dix ans, treize volumes avaient ainsi \u00e9t\u00e9 mis sur le march\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Entre temps, Guizot n\u2019\u00e9tait pas rest\u00e9 inerte, se tournant activement vers les questions religieuses. Le 24 ao\u00fbt 1861, il c\u00e9dait pour douze ans \u00e0 M. L\u00e9vy les droits sur un ouvrage qu\u2019on dirait d\u2019intervention intitul\u00e9 <em>L\u2019Eglise et la soci\u00e9t\u00e9 chr\u00e9tienne en 1861<\/em>. Le manuscrit, dont Guizot avait en r\u00e9alit\u00e9 attaqu\u00e9 la r\u00e9daction au mois de mai, devait \u00eatre remis deux semaines plus tard&#8239;; ce qui eut lieu en effet. Le prix en \u00e9tait fix\u00e9 \u00e0 1 franc 25 par volume tir\u00e9 in-8\u00b0 et 50 centimes pour le format in-18\u00b0{{4}}[[4]]L\u2019article 2 dispose que la composition utilisera \u00ab&#8239;la m\u00eame justification que l\u2019\u00e9dition de la traduction du Cantique des Cantiques de M. Renan, publi\u00e9e par MM. Michel L\u00e9vy fr\u00e8res. \u00bb Il est rare que Guizot se cale sur Renan.[[4]],<a href=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Meditation-Religion-Chretienne-170x300.jpg\" class=\"lightbox\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-medium wp-image-8607\" title=\"M\u00e9ditations sur la religion chr\u00e9tienne de Fran\u00e7ois Guizot\" src=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Meditation-Religion-Chretienne-170x300.jpg\" alt=\"M\u00e9ditations sur la religion chr\u00e9tienne de Fran\u00e7ois Guizot\" width=\"170\" height=\"300\" \/><\/a> 10&#8239;000 francs \u00e9tant vers\u00e9s, pour un premier tirage \u00e0 8&#8239;000 exemplaires, moiti\u00e9 comptant \u00e0 la remise du manuscrit moiti\u00e9 \u00e0 trois et six mois. Il est sp\u00e9cifi\u00e9 que \u00ab&#8239;les doubles passes d\u2019usage en librairie&#8239;\u00bb ne seront pas pay\u00e9es, mais il ressort implicitement de l\u2019article 6 relatif au paiement qu\u2019elles ne sont pas compt\u00e9es dans le tirage. L\u2019\u00e9diteur pourra publier l\u2019ouvrage en Allemagne &#8211; donc en fran\u00e7ais &#8211; sans rien devoir \u00e0 l\u2019auteur, \u00e0 qui sont r\u00e9serv\u00e9s, comme d\u2019habitude, les droits de la langue anglaise, les autres appartenant \u00e0 L\u00e9vy. C\u2019est selon les m\u00eames clauses que fut conclu un contrat le 7 d\u00e9cembre 1863, portant sur un volume de <em>M\u00e9ditations sur la religion chr\u00e9tienne<\/em>, la r\u00e9mun\u00e9ration passant de 1 franc 25 \u00e0 1 franc 50 si le volume comptait plus de 400 pages, et un droit de suite pour d\u2019autres M\u00e9ditations aux m\u00eames conditions. De fait, deux volumes suivirent le premier, publi\u00e9 au milieu de 1864{{5}}[[5]]Apr\u00e8s les <em>M\u00e9ditations sur l\u2019essence de la religion chr\u00e9tienne<\/em> (1864) parurent <em>M\u00e9ditations sur l\u2019\u00e9tat actuel de la religion chr\u00e9tienne<\/em> (1866) et <em>M\u00e9ditations sur la religion chr\u00e9tienne dans ses rapports avec l\u2019\u00e9tat actuel des soci\u00e9t\u00e9s et des esprits<\/em> (1868).[[5]], soit au total quatre ouvrages substantiels tous sortis de la plume du seul Guizot. Et ce n\u2019est pas tout&#8239;: par contrats des 20 f\u00e9vrier 1868 et 15 mars 1869, et dans des conditions identiques &#8211; 4&#8239;000 francs moiti\u00e9 comptant moiti\u00e9 \u00e0 trois et six mois &#8211; M. L\u00e9vy acqu\u00e9rait la propri\u00e9t\u00e9 de deux recueils d\u2019articles dont le contenu n\u2019\u00e9tait pas pr\u00e9cis\u00e9, respectivement <em>M\u00e9langes biographiques et litt\u00e9raires<\/em> et <em>M\u00e9langes politiques et historiques<\/em>{{6}}[[6]]Le premier recueil regroupe des notices de tr\u00e8s in\u00e9gale longueur relatives \u00e0 \u00c9douard Gibbon, Mme de Rumford, Mme R\u00e9camier, la comtesse de Boigne, la princesse de Lieven, M. de Barante, M. de Daunant, Philippe II et ses nouveaux historiens. Le second recueil regroupe six essais et articles parus entre 1816 et 1828.[[6]], assortis chacun d\u2019une pr\u00e9face in\u00e9dite. Enfin, suite \u00e0 trois contrats L\u00e9vy respectivement des 24 mars 1857, 25 janvier 1860 et 8 juin 1861, avaient \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s dix volumes traduits sous les auspices de Guizot et comportant pour chaque \u0153uvre{{7}}[[7]]<em>Histoire de la fondation de la R\u00e9publique des Provinces-Unies<\/em> de John Motley, 4 vol., 1859-1860&#8239;; <em>La Chine et le Japon<\/em> de Lawrence Oliphant, 2 vol., 1860&#8239;; <em>William Pitt et son temps<\/em> de lord Stanhope, 4 vol., 1862-1863. Il faut y ajouter, en application d\u2019un contrat inconnu de nous, <em>Le Prince Albert, son caract\u00e8re, ses discours<\/em>, dans une traduction d\u2019Henriette de Witt pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e d\u2019une importante pr\u00e9face de Guizot, en 1863.[[7]] une pr\u00e9face de lui d\u2019au moins 32 pages, pour des prix de cession d\u2019un total de 10&#8239;000 francs. Pour Michel L\u00e9vy comme pour Fran\u00e7ois Guizot, mais pour des raisons diff\u00e9rentes, cette d\u00e9cennie 1858-1869 relevait d\u2019un prodige \u00e9ditorial, par la masse \u00e9norme des textes fournis{{8}}[[8]]Il faut ajouter un avant-propos \u00e0 une r\u00e9\u00e9dition de <em>G\u00e9nie du christianisme<\/em> de Chateaubriand, en deux volumes , par M. L\u00e9vy en 1866, et un court ouvrage repris d\u2019un long article publi\u00e9 en septembre 1869 dans la <em>Revue des deux-mondes<\/em>, <em>La France et la Prusse responsables devant l\u2019Europe<\/em>, tir\u00e9 \u00e0 5000 exemplaires pay\u00e9s chacun 15 centimes.<br \/>\n[[8]] et par la somme non moins consid\u00e9rable par laquelle ils avaient \u00e9t\u00e9 r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s\u00a0durant cette p\u00e9riode, puisque Guizot avait per\u00e7u au moins 200&#8239;000 francs pour la seule langue fran\u00e7aise, soit peut-\u00eatre, mais toute conversion est tr\u00e8s risqu\u00e9e, environ un million d\u2019euros. Cela cr\u00e9e des liens, dans les deux sens, et la confiance entre Michel L\u00e9vy et Guizot ne sera jamais alt\u00e9r\u00e9e, m\u00eame si celui-ci s\u2019en remet \u00e0 la maison Hachette pour ses tout derniers ouvrages.<\/p>\n<p><a title=\"Hachette et l'apoth\u00e9ose du grand-p\u00e8re historien\" href=\"https:\/\/www.guizot.com\/lhistoire\/francois-guizot-et-ses-editeurs\/hachette-et-lapotheose-du-grand-pere-historien\/\">[lire la suite]<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[Pour acc\u00e9der \u00e0 l&rsquo;article en format pdf, cliquer ici. Pour le lire en ligne, suivre le cours des pages dans la navigation.] Michel L\u00e9vy avait trente-et-un ans lorsqu\u2019en 1852 il installa 2 bis rue Vivienne la librairie cr\u00e9\u00e9e par son p\u00e8re Simon en 1836 et devenue une maison d\u2019\u00e9dition en vue. 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