{"id":8371,"date":"2012-10-29T17:42:42","date_gmt":"2012-10-29T15:42:42","guid":{"rendered":"https:\/\/www.guizot.com\/fr\/?page_id=8371"},"modified":"2013-09-17T13:16:54","modified_gmt":"2013-09-17T11:16:54","slug":"from-didier-to-masson","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.guizot.com\/en\/history\/guizot-and-his-publishers\/from-didier-to-masson\/","title":{"rendered":"2. From Didier to Masson"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><em>[Pour acc\u00e9der \u00e0 l&rsquo;article en format pdf, cliquer <a href=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Guizot-editeurs.pdf\">ici<\/a>. Pour le lire en ligne, suivre le cours des pages dans la navigation.]<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 1<sup>er<\/sup> janvier 1839, Guizot signait un contrat en deux courts articles conc\u00e9dant pour six ans \u00e0 Didier le droit de publier son <em>Cours d\u2019histoire moderne<\/em> de 1828-1830, autrement dit son <em>Histoire de la civilisation<\/em>. Il en proviendrait 7\u00a0200 francs payables en six \u00e9ch\u00e9ances de 1\u00a0200 francs entre 1839 et 1844\u202f: une convention \u00e0 l\u2019ancienne, en somme, mais assez juteuse. Il est vrai que ce cours devait \u00eatre r\u00e9\u00e9dit\u00e9 au moins dix-neuf fois au XIXe si\u00e8cle, jusqu\u2019en 1882, chez Didier puis son successeur \u00c9mile Perrin. C\u2019\u00e9tait non pas le d\u00e9but, mais une \u00e9tape dans une collaboration qui dura pr\u00e8s de trente-cinq ans. N\u00e9 en 1800, Pierre-Paul Didier avait fond\u00e9 en 1828 \u00e0 Paris une librairie acad\u00e9mique destin\u00e9e principalement \u00e0 publier les cours des professeurs de la Facult\u00e9 des Lettres. Avec Jean-Armand Pichon, brevet\u00e9 libraire en 1827, il avait repris la succession partielle de Fran\u00e7ois B\u00e9chet A\u00een\u00e9, et publi\u00e9 ainsi une premi\u00e8re \u00e9dition du <em>Cours d\u2019histoire moderne<\/em> en six volumes entre 1829 et 1832, ainsi qu\u2019une r\u00e9\u00e9dition de <a href=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Peine-de-mort-Guizot-175x300.jpg\" class=\"lightbox\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft  wp-image-8515\" title=\"De la peine de mort en mati\u00e8re politique\" alt=\"De la peine de mort en mati\u00e8re politique\" src=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Peine-de-mort-Guizot-175x300.jpg\" width=\"175\" height=\"300\" \/><\/a><em>De la peine de mort en mati\u00e8re politique<\/em> en 1828. C\u2019est alors, au plus tard, que Guizot l\u2019avait rencontr\u00e9. Depuis 1832, il \u00e9ditait sous son seul nom et pour son seul compte, au 35 quai des Augustins. Le 7 f\u00e9vrier 1840, dans le m\u00eame esprit que le contrat de l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, Didier acqu\u00e9rait pour quatre ans le droit de r\u00e9imprimer ce qui \u00e9tait d\u00e9j\u00e0, en France et en Angleterre, un ouvrage de r\u00e9f\u00e9rence, les deux volumes de l\u2019<em>Histoire de la R\u00e9volution d\u2019Angleterre<\/em>, \u00e0 4\u202f000 exemplaires, contre la somme de 8\u202f000 francs payables en deux ans. Outre la lutte contre la contrefa\u00e7on belge, explicitement d\u00e9sign\u00e9e, figure une clause de pr\u00e9f\u00e9rence\u202f: au terme des quatre ans fix\u00e9s, et \u00ab\u202f\u00e0 prix \u00e9gal\u202f\u00bb, Didier sera pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 \u00e0 tout concurrent, non seulement pour r\u00e9imprimer ces deux volumes, mais pour \u00e9diter leur suite, qui s\u2019annon\u00e7ait substantielle puisque Guizot avait d\u00e8s l\u2019origine fait conna\u00eetre son intention de poursuivre son r\u00e9cit jusqu\u2019en 1688. Cette convention, qui tient en vingt-cinq lignes et sign\u00e9e comme en passant, devait par la suite contribuer \u00e0 alt\u00e9rer fortement les rapports entre Didier et Guizot.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Entre-temps, ce dernier s\u2019\u00e9tait lanc\u00e9 dans une aventure dont l\u2019issue devait \u00eatre peu glorieuse. D\u00e9march\u00e9 par l\u2019avou\u00e9 Gabriel Bodiment qui, comme d\u2019autres, lui avait d\u00e9clar\u00e9 son admiration, il avait, le 22 novembre 1839, conclut avec lui, bien qu\u2019il ne f\u00fbt pas un v\u00e9ritable professionnel du livre, deux trait\u00e9s. Le premier portait sur trois volumes de <em>M\u00e9langes historiques et politiques<\/em>, \u00e0 remettre dans le d\u00e9lai d\u2019un an. Bodiment acqu\u00e9rait les droits de publication pour quatre ann\u00e9es, au prix de 4\u202f000 francs par volume payables \u00e0 la remise du manuscrit, et pour un tirage de 3\u202f500 exemplaires, d\u00e9duction faite, c\u2019\u00e9tait une nouveaut\u00e9, des \u00ab\u202fmains de passe\u202f\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire des d\u00e9fets de fabrication. Un dispositif compliqu\u00e9 de d\u00e9dit et de remboursement en cas de non-respect du d\u00e9lai fix\u00e9, portant sur tout ou partie de l\u2019ensemble de l\u2019ouvrage, montrait que les deux contractants n\u2019\u00e9taient pas assur\u00e9s de la bonne fin de l\u2019entreprise. Des clauses analogues figuraient dans le deuxi\u00e8me trait\u00e9, encore plus ambitieux\u202f: M. Guizot ayant \u00ab\u202fmanifest\u00e9 son intention d\u2019\u00e9crire une histoire de Mirabeau\u202f\u00bb, Bodiment se portait acqu\u00e9reur des droits de publication de ce volume, livrable sous deux ans. Si l\u2019auteur d\u00e9cidait de prolonger son travail sous la forme d\u2019une histoire de l\u2019Assembl\u00e9e constituante en deux, trois ou quatre volumes, livrables cette fois sous quatre ans, et \u00ab\u202fpeut-\u00eatre m\u00eame plus tard l\u2019histoire de la Convention et du Directoire\u202f\u00bb, Bodiment en ach\u00e8terait les droits dans les m\u00eames conditions. Il s\u2019engageait \u00e0 un tirage de 17\u202f000 exemplaires, justifi\u00e9 \u00e0 la demande de l\u2019auteur, on n\u2019est jamais trop prudent, par une d\u00e9claration sign\u00e9e de l\u2019imprimeur, et chaque volume \u00e9tait r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 20\u202f000 francs, montant consid\u00e9rable, un peu trop beau pour \u00eatre vrai peut-\u00eatre, d\u2019o\u00f9 l\u00e0 encore un luxe de pr\u00e9cautions en cas de d\u00e9passement des d\u00e9lais. Bodiment, hors d\u2019\u00e9tat de financer une telle op\u00e9ration, s\u2019associa d\u00e8s le 25 novembre avec le jeune banquier &#8211; il avait 31 ans &#8211; Mariano de Bertodano, beau nom de chevalier d\u2019industrie, entre autres activit\u00e9s directeur de la Compagnie Corse qui exploitait des for\u00eats insulaires. Celui-ci devait apporter les capitaux n\u00e9cessaires, dans la limite de 60\u202f000 francs, Bodiment s\u2019occupant de la publication. Les engagements exorbitants pris par Guizot, qui rentra au Gouvernement un an plus tard, ne furent naturellement pas tenus, puisqu\u2019il ne remit que le manuscrit de la moiti\u00e9 du premier volume des <em>M\u00e9langes<\/em>, dont l\u2019impression fut commenc\u00e9e, et l\u2019affaire tourna mal, d\u2019autant que Bodiment mourut en 1840. En 1843, \u00e0 l\u2019issue de dures n\u00e9gociations, Guizot fut contraint de rembourser \u00e0 Bertodano 5\u202f400 francs qu\u2019il avait re\u00e7us en d\u00e9cembre 1839 et janvier 1840 \u00e0 titre d\u2019\u00e0-valoir, ce que le contrat ne pr\u00e9voyait pas, et de lui verser 2\u202f866 francs pour indemnisation des frais d\u2019achat de papier et d\u2019impression. Le 18 mars 1844, un accord fut conclu entre les deux parties pour solde de tous comptes. L\u2019auteur, tout ministre qu\u2019il f\u00fbt, et soucieux sans doute de ne pas \u00e9bruiter l\u2019affaire, n\u2019avait pas eu le dernier mot.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 24 f\u00e9vrier 1848, la r\u00e9volution fait de Guizot un exil\u00e9 en Angleterre. Parti les mains vides et install\u00e9 avec sa famille 21 Pelham Crescent \u00e0 Brompton, alors banlieue de Londres, il ressent un pressant besoin d\u2019argent, auquel seule sa plume, pour l\u2019essentiel, peut r\u00e9pondre. Il reprend donc aussit\u00f4t ses travaux, en particulier l\u2019<em>Histoire de la R\u00e9volution d\u2019Angleterre<\/em>, dont il a r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 en 1845, pour les deux premiers volumes, les droits d\u00e9tenus par Didier aux termes de l\u2019accord de 1840, et aussi l\u2019<em>Histoire de la civilisation<\/em>, que Didier a continu\u00e9 d\u2019exploiter r\u00e9guli\u00e8rement avec des r\u00e9impressions en 1845 et 1846 et \u00e0 laquelle Guizot compte donner une suite. Autant qu\u2019on puisse reconstituer les faits, il charge son fid\u00e8le ami Charles Lenormant<a href=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Charles-Lenormant.jpg\" class=\"lightbox\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-full wp-image-8520\" title=\"Charles Lenormant\" alt=\"Charles Lenormant\" src=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Charles-Lenormant.jpg\" width=\"142\" height=\"207\" \/><\/a> de lui trouver un \u00e9diteur en France qui lui fasse les meilleures conditions. Lenormant, \u00e0 la demande de Guizot, commence par d\u00e9marcher Pierre-Paul Didier, auquel il n\u2019aurait pas trouv\u00e9 les reins assez solides pour procurer \u00e0 Guizot les sommes \u00e9lev\u00e9es auxquelles il pr\u00e9tend. La conversation entre les deux hommes se passe mal, et Didier pr\u00e9tendra plus tard que Lenormant s\u2019est montr\u00e9 insultant, le \u00ab\u202ftraitant en petit gar\u00e7on, en pauvre diable qui ne pouvait donner 50\u202f000 francs comptant en 1848{{1}}[[1]]Lettre du 2 f\u00e9vrier 1855 \u00e0 Auguste G\u00e9nie.[[1]].\u202f\u00bb Ce montant tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 \u00e9tait celui, affirmait Lenormant, que proposait par \u00e9crit un concurrent r\u00e9put\u00e9 plus dynamique, Masson. N\u00e9 en 1807, Victor Masson avait \u00e9t\u00e9 embauch\u00e9 comme commis par Louis Hachette en 1833. Apr\u00e8s une association avec le libraire Nicolas Crochard pour exploiter la Librairie m\u00e9dicale et scientifique, il s\u2019\u00e9tablit \u00e0 son compte et \u00e0 son nom en 1846, 17 place de l\u2019\u00c9cole de M\u00e9decine, et, tout en se d\u00e9signant comme \u00ab\u202fLibraire des soci\u00e9t\u00e9s savantes pr\u00e8s le Minist\u00e8re de l\u2019Instruction publique\u202f\u00bb, cherche \u00e0 \u00e9largir son catalogue. Guizot serait pour lui une recrue de choix, et c\u2019est donc vers lui que Charles Lenormant dirige son \u00ab\u202fillustre ami\u202f\u00bb, qui n\u00e9gocie directement les termes d\u2019un contrat sign\u00e9 le 24 novembre 1848, \u00e0 Brompton o\u00f9 Masson semble donc s\u2019\u00eatre rendu tout expr\u00e8s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce document en onze articles est du plus grand int\u00e9r\u00eat, tant les clauses en ont, visiblement, \u00e9t\u00e9 pes\u00e9es au tr\u00e9buchet. Si les conditions financi\u00e8res accord\u00e9es \u00e0 Guizot sont pour lui sans pr\u00e9c\u00e9dent, l\u2019\u00e9diteur les a entour\u00e9es de pr\u00e9cautions inconnues jusque l\u00e0. S\u2019y ajoutent des \u00e9l\u00e9ments nouveaux par rapport aux contrats dont nous disposons\u202f: tirage de t\u00eate sur v\u00e9lin pour l\u2019auteur \u00e0 25 exemplaires, surtout droits conserv\u00e9s par l\u2019auteur en totalit\u00e9 pour la langue anglaise, \u00e9tant entendu que cette \u00e9dition \u00e9trang\u00e8re \u00ab\u202fne pourra para\u00eetre un seul jour avant la publication de l\u2019\u00e9dition en langue fran\u00e7aise\u202f\u00bb\u202f; cette r\u00e9serve des droits en anglais figurera d\u00e9sormais sur tous les contrats sign\u00e9s par Guizot, qui s\u2019estime, par ses nombreuses connexions outre-Manche, le mieux plac\u00e9 pour faire valoir ses int\u00e9r\u00eats. De fait, ses \u0153uvres majeures, et m\u00eame d\u2019autres, ont \u00e9t\u00e9 traduites en anglais \u00e0 bref d\u00e9lai, et ont obtenu parfois de grands succ\u00e8s de librairie, produisant donc des revenus substantiels que l\u2019auteur ne souhaitait pas partager avec l\u2019\u00e9diteur fran\u00e7ais. Enfin, et cet article se retrouvera souvent dans des conventions ult\u00e9rieures, la cession de droits consentie par l\u2019auteur \u00e0 l\u2019\u00e9diteur ne pourra pas faire opposition \u00e0 la reprise des textes concern\u00e9s dans d\u2019\u00e9ventuelles \u0152uvres compl\u00e8tes \u00e0 venir, \u00e0 condition qu\u2019ils ne soient pas pr\u00e9sent\u00e9s s\u00e9par\u00e9ment, et en respectant un certain d\u00e9lai. Guizot, donc, vend \u00e0 Masson pour douze ann\u00e9es les droits d\u2019exploitation de la premi\u00e8re p\u00e9riode de <a href=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/GUIZOT-Histoire-Revolution-Angleterre-Didier-1846-225x300.jpg\" class=\"lightbox\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-8531 alignleft\" title=\"Histoire de la R\u00e9volution d'Angleterre\" alt=\"Histoire de la R\u00e9volution d'Angleterre\" src=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/GUIZOT-Histoire-Revolution-Angleterre-Didier-1846-225x300.jpg\" width=\"225\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/GUIZOT-Histoire-Revolution-Angleterre-Didier-1846-225x300.jpg 225w, https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/GUIZOT-Histoire-Revolution-Angleterre-Didier-1846.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 225px) 100vw, 225px\" \/><\/a>l\u2019<em>Histoire de la R\u00e9volution d\u2019Angleterre (1625-1649)<\/em>, d\u00e9j\u00e0 publi\u00e9e par Didier, assortie d\u2019une introduction in\u00e9dite \u00e0 remettre \u00ab\u202fdans le plus court d\u00e9lai\u202f\u00bb, et de la seconde p\u00e9riode (1649-1660) que Guizot se propose de r\u00e9diger et de livrer au plus tard le 15 juillet 1850. S\u2019il \u00e9crivait la troisi\u00e8me p\u00e9riode (1660-1688), Masson b\u00e9n\u00e9ficierait de la clause de pr\u00e9f\u00e9rence. Pour prix de cette cession, l\u2019auteur recevra 20\u202f000 francs \u00e0 la remise de l\u2019introduction, et autant \u00e0 la remise de la deuxi\u00e8me p\u00e9riode. C\u2019\u00e9tait donc sur 40\u202f000 francs, et non pas 50\u202f000 comme l\u2019aurait affirm\u00e9 Lenormant \u00e0 Didier, que Victor Masson s\u2019\u00e9tait engag\u00e9\u202f; encore n\u2019avait-il rien \u00e0 verser dans l\u2019imm\u00e9diat. Se doutait-il que Guizot, qui n\u2019\u00e9cartait pas alors l\u2019id\u00e9e et m\u00eame l\u2019esp\u00e9rance de revenir en politique, ne respecterait pas le calendrier fix\u00e9\u202f? Il \u00e9tait en tout cas bien plac\u00e9 pour cela puisque, le 21 d\u00e9cembre 1848, il signait avec son nouvel auteur un contrat lui c\u00e9dant pour huit ans, et contre 4\u202f000 francs \u00e0 la remise du manuscrit, la propri\u00e9t\u00e9 d\u2019un essai politique de 130 \u00e0 150 pages, intitul\u00e9 <em>De la d\u00e9mocratie en France<a href=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/De-la-Democratie-en-France-225x300.jpg\" class=\"lightbox\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-medium wp-image-8534\" title=\"De la d\u00e9mocratie en France. Janvier 1849.\" alt=\"De la d\u00e9mocratie en France. Janvier 1849.\" src=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/De-la-Democratie-en-France-225x300.jpg\" width=\"225\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/De-la-Democratie-en-France-225x300.jpg 225w, https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/De-la-Democratie-en-France-768x1024.jpg 768w, https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/De-la-Democratie-en-France.jpg 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 225px) 100vw, 225px\" \/><\/a>. Janvier 1849<\/em>. Guizot alors mettait la derni\u00e8re main \u00e0 cet \u00e9crit tr\u00e8s id\u00e9ologique dont il se promettait beaucoup, qui parut en effet en janvier suivant et s\u2019arracha en quelques semaines \u00e0 plus de 20\u202f000 exemplaires. En d\u00e9pit du satisfecit shakespearien que se d\u00e9cerne l\u2019\u00e9diteur &#8211; \u00ab\u202fMa conscience me dit que j\u2019avais fait des offres convenables, mais quand il s\u2019agit d\u2019\u00eatre ou de n\u2019\u00eatre pas l\u2019\u00e9diteur de M. Guizot, je ne puis h\u00e9siter{{2}}[[2]]Lettre \u00e0 G\u00e9nie du 17 d\u00e9cembre 1848.[[2]]\u202f\u00bb &#8211; cet accord conclu \u00e0 la h\u00e2te n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 cher pay\u00e9. Guizot s\u2019\u00e9tait retrouv\u00e9 retard\u00e9 dans son travail principal, comme Masson l\u2019avait pressenti, et du reste Guizot lui-m\u00eame. Ce dernier avait en effet accept\u00e9 que, si le manuscrit de la deuxi\u00e8me p\u00e9riode n\u2019\u00e9tait pas remis le 15 juillet 1850, l\u2019\u00e9diteur \u00ab\u202fserait investi, \u00e0 partir dudit jour et sans qu\u2019une mise en demeure soit n\u00e9cessaire, du droit de publier une \u00e9dition de l\u2019<em>Histoire de la civilisation<\/em> telle qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 \u00e9dit\u00e9e par le libraire Didier en cinq volumes\u202f\u00bb, \u00e0 six mille exemplaires, et sans produire aucun droit d\u2019auteur, \u00ab\u202f\u00e0 titre de d\u00e9dommagement du pr\u00e9judice que lui aura caus\u00e9 le retard\u202f\u00bb dans la livraison du manuscrit. Et ce droit lui est consenti jusqu\u2019en octobre 1855. Enfin, si le manuscrit de la deuxi\u00e8me p\u00e9riode ne lui \u00e9tait jamais remis, sachant que Guizot n\u2019avait pas le droit de le pr\u00e9senter \u00e0 un autre \u00e9diteur \u00e0 quelque \u00e9poque que ce soit, Masson \u00ab\u202fse trouverait investi de la propri\u00e9t\u00e9 absolue et sans limite de l\u2019histoire de la premi\u00e8re p\u00e9riode\u202f\u00bb, et non plus pour douze ans seulement. Le caract\u00e8re l\u00e9onin de ces articles 8 \u00e0 10 \u00e9tait exorbitant, et si Guizot les a accept\u00e9s, c\u2019est ou qu\u2019il \u00e9tait vraiment en mal d\u2019argent, ou qu\u2019il s\u2019imaginait retrouver bient\u00f4t son si\u00e8ge de d\u00e9put\u00e9 et peut-\u00eatre mieux encore, ou qu\u2019il pr\u00e9sumait de ses forces, qui pourtant \u00e9taient grandes. Pierre-Paul Didier, qui devait faire les frais du d\u00e9dommagement pr\u00e9vu alors qu\u2019il avait jusque l\u00e0 rempli ses engagements, se plaignit plus tard am\u00e8rement du proc\u00e9d\u00e9 dont il avait \u00e9t\u00e9 victime, et affirma que Guizot s\u2019\u00e9tait laiss\u00e9 circonvenir par l\u2019entreprenant Victor Masson. Il est vrai que lui-m\u00eame avait omis, \u00ab\u202fpar inadvertance\u202f\u00bb dit-il, de faire figurer dans le contrat de 1839 relatif \u00e0 l\u2019<em>Histoire de la civilisation<\/em> une clause de pr\u00e9f\u00e9rence dont il affirmera que, dans son esprit, elle allait de soi, tant le cours d\u2019histoire moderne \u00ab\u202f\u00e9tait pour moi comme un enfant de la maison, et il ne pouvait me venir \u00e0 l\u2019id\u00e9e de m\u2019en s\u00e9parer{{3}}[[3]]<em>Ibidem<\/em>.[[3]].\u202f\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><a href=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Discours-sur-la-revolution-d-Angleterre.jpg\" class=\"lightbox\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-8537 alignleft\" title=\"Pourquoi la r\u00e9volution d\u2019Angleterre a-t-elle r\u00e9ussi ? Discours sur l\u2019histoire de la r\u00e9volution d\u2019Angleterre\" alt=\"Pourquoi la r\u00e9volution d\u2019Angleterre a-t-elle r\u00e9ussi ? Discours sur l\u2019histoire de la r\u00e9volution d\u2019Angleterre\" src=\"https:\/\/www.guizot.com\/wp-content\/uploads\/Discours-sur-la-revolution-d-Angleterre.jpg\" width=\"180\" height=\"281\" \/><\/a><\/em>Il en alla comme Masson l\u2019avait pr\u00e9vu. Le 26 janvier 1850, il publiait la quatri\u00e8me \u00e9dition des deux volumes de la premi\u00e8re partie, pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e d\u2019une introduction intitul\u00e9e <em>Pourquoi la r\u00e9volution d\u2019Angleterre a-t-elle r\u00e9ussi\u202f? Discours sur l\u2019histoire de la r\u00e9volution d\u2019Angleterre.<\/em> De ce texte magnifique, le plus achev\u00e9 et le plus dense peut-\u00eatre qu\u2019ait jamais \u00e9crit Guizot, Masson publia en m\u00eame temps une \u00e9dition \u00e0 part, en 180 pages, qui, traduit aussit\u00f4t par Sarah Austin, une tr\u00e8s proche amie de Guizot, parut tr\u00e8s peu apr\u00e8s \u00e0 Londres, chez John Murray. Le succ\u00e8s fut l\u00e0 encore \u00e9clatant. Mais le 15 juillet approchait, et le manuscrit de la deuxi\u00e8me p\u00e9riode \u00e9tait \u00e0 peine commenc\u00e9. Masson fut inflexible\u202f: en 1851, \u00e0 titre de \u00ab\u202fd\u00e9dommagement\u202f\u00bb, il fit para\u00eetre, en format in-8\u00b0 et in-16\u00b0, les cinq volumes de l\u2019<em>Histoire de la civilisation. <\/em>En trois ans, il avait r\u00e9ussi un coup superbe \u00e0 triple d\u00e9tente, en ne d\u00e9boursant en r\u00e9alit\u00e9 que 24\u202f000 francs. Guizot s\u2019en \u00e9tait moins bien tir\u00e9. Il ne fit plus jamais affaire avec Victor Masson.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a title=\"Retour \u00e0 Didier\" href=\"https:\/\/www.guizot.com\/histoire\/francois-guizot-et-ses-editeurs\/retour-a-didier\/\">[Lire la suite]<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[Pour acc\u00e9der \u00e0 l&rsquo;article en format pdf, cliquer ici. Pour le lire en ligne, suivre le cours des pages dans la navigation.] Le 1er janvier 1839, Guizot signait un contrat en deux courts articles conc\u00e9dant pour six ans \u00e0 Didier le droit de publier son Cours d\u2019histoire moderne de 1828-1830, autrement dit son Histoire de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":8520,"parent":8357,"menu_order":2,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","_seopress_robots_follow":"","_seopress_robots_imageindex":"","_seopress_robots_snippet":"","_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_robots_breadcrumbs":"","_seopress_robots_freeze_modified_date":"","_seopress_robots_custom_modified_date":"","_seopress_robots_canonical":"","_seopress_social_fb_title":"","_seopress_social_fb_desc":"","_seopress_social_fb_img":"","_seopress_social_fb_img_attachment_id":0,"_seopress_social_fb_img_width":0,"_seopress_social_fb_img_height":0,"_seopress_social_twitter_title":"","_seopress_social_twitter_desc":"","_seopress_social_twitter_img":"","_seopress_social_twitter_img_attachment_id":0,"_seopress_social_twitter_img_width":0,"_seopress_social_twitter_img_height":0,"_seopress_redirections_value":"","_seopress_redirections_enabled":"","_seopress_redirections_enabled_regex":"","_seopress_redirections_logged_status":"","_seopress_redirections_param":"","_seopress_redirections_type":0,"_seopress_analysis_target_kw":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"footnotes":""},"class_list":["post-8371","page","type-page","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","page_tags-auguste-genie","page_tags-brompton","page_tags-charles-lenormant","page_tags-civilisation","page_tags-compagnie-corse","page_tags-contrat","page_tags-didier","page_tags-editeurs","page_tags-edition","page_tags-emile-perrin","page_tags-exil","page_tags-francois-bechet","page_tags-gabriel-bodiment","page_tags-histoire-de-la-civilisation","page_tags-jean-armand-pichon","page_tags-john-murray","page_tags-louis-hachette","page_tags-manuscrit","page_tags-mariano-de-bertodano","page_tags-masson","page_tags-mirabeau","page_tags-nicolas-crochard","page_tags-peine-de-mort","page_tags-revolution-dangleterre","page_tags-sarah-austin"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.guizot.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/8371","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.guizot.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.guizot.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.guizot.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.guizot.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8371"}],"version-history":[{"count":43,"href":"https:\/\/www.guizot.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/8371\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9458,"href":"https:\/\/www.guizot.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/8371\/revisions\/9458"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.guizot.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/8357"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.guizot.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/8520"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.guizot.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8371"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}